Laurence Parisot, du Medef.
Laurence Parisot, du Medef. - LEMOUTON-POOL / SIPA

Céline Boff

Etendre la rupture conventionnelle au niveau collectif. C'est l'idée défendue depuis plusieurs jours par Laurence Parisot, présidente du Medef. Selon elle, un grand pas a été fait en 2008 en matière de « flexisécurité » avec l'instauration de la rupture conventionnelle et il faut désormais « inventer quelque chose d'équivalent sur le plan collectif ». La patronne des patrons souhaite amener le sujet à la table des négociations de la grande conférence sociale, lancée lundi à Paris.

« L'urgence est au bilan »
« La rupture conventionnelle collective, c'est niet », lui répond tout de go une responsable de la CGT, « le droit du travail doit s'appliquer, point barre ». Elle résume ainsi la pensée de la plupart des syndicats de salariés. Pour eux, c'est évident : le patronat souhaite promouvoir ce dispositif afin de se désengager de ses obligations en termes d'accompagnement des salariés dans le cadre des plans sociaux. Pour Bernard Van Craeynest, leader de la CFE-CGC, le syndicat des cadres, un bilan doit précéder toute discussion éventuelle : « Depuis la création du dispositif en 2008, 850 000 ruptures conventionnelles ont été signées, dont 20 % ont concerné les seniors. Il est temps de savoir si cet outil a répondu aux objectifs, d'identifier précisément les dérives et de réfléchir au moyen de les corriger. » Au-delà de la rupture conventionnelle, le Medef souhaiterait orienter les débats vers davantage de « flexisécurité ». Les syndicats interrogés par 20 Minutes n'y sont pas foncièrement hostiles, mais s'interrogent sur ce que recouvre exactement ce concept. Et le sujet n'est pas le cheval de bataille de toutes les organisations patronales, comme le prouve la réaction de Jean Lardin, président de l'Union professionnelle artisanale (UPA) : « Dans nos entreprises qui ont en moyenne quatre salariés, la question n'est pas de savoir comment se séparer de nos employés, mais au contraire d'identifier les moyens de les maintenir dans nos TPE. »