Le gouvernement va recevoir dans les prochains jours les quatre opérateurs télécoms pour faire le point sur leurs procédures en cas de crise après la panne géante d'Orange, en attendant la publication rapide d'un décret qui pourra imposer un audit sur leurs réseaux.
Le gouvernement va recevoir dans les prochains jours les quatre opérateurs télécoms pour faire le point sur leurs procédures en cas de crise après la panne géante d'Orange, en attendant la publication rapide d'un décret qui pourra imposer un audit sur leurs réseaux. - Patrick Kovarik afp.com

© 2012 AFP

Le gouvernement français va recevoir dans les prochains jours les quatre opérateurs télécoms pour faire le point sur leurs procédures en cas de crise après la panne géante d'Orange, en attendant la publication rapide d'un décret qui pourra imposer un audit sur leurs réseaux.

Pendant douze longues heures, entre vendredi après-midi et samedi matin, les 27 millions de clients mobiles Orange - mais aussi d'autres opérateurs utilisant son réseau, comme Free Mobile - ont eu d'énormes difficultés à passer des appels, échanger des SMS et utiliser internet.

En cause, une "panne logicielle" d'un équipement-clé servant à localiser les téléphones actifs sur le réseau, un HLR (pour Home Location Register) fourni par l'équipementier Alcatel-Lucent. Le PDG d'Orange Stéphane Richard a présenté ses excuses pour la panne et promis une journée de gratuité à la rentrée pour tous les clients.

Entre ce geste commercial et le manque à gagner en termes de chiffre d'affaires pour la journée perdue, la panne devrait coûter "quelques dizaines de millions d'euros" à l'opérateur, a annoncé lundi ce dernier.

Fleur Pellerin, ministre de l'Economie numérique qui s'était rendue dès vendredi soir au QG de crise d'Orange, recevra "mercredi, jeudi ou vendredi" Stéphane Richard qui lui remettra un premier rapport interne sur les causes de la panne, a indiqué lundi son ministère à l'AFP.

Ce rapport d'étape sera suivi par une expertise plus poussée, qui pourrait être remise d'ici fin juillet au gouvernement et à l'Autorité de régulation des télécoms (Arcep).

Les trois autres opérateurs détenteurs d'une licence de téléphonie mobile, SFR, Bouygues Telecom et Free Mobile, seront également entendus par Fleur Pellerin, "en fin de semaine ou la semaine prochaine", afin de présenter leur procédure en cas de crise, a-t-on précisé.

"Le consommateur a le droit de savoir"

La ministre a également annoncé ce week-end "travailler à l'adoption d'un décret qui permettra au gouvernement de réaliser des audits de sécurité sur les réseaux télécoms, éventuellement aux frais de l'opérateur".

Ce projet de décret, qui a déjà reçu un avis favorable de l'Arcep et pourrait être rapidement validé en Conseil d'Etat, devrait découler d'un article du Code des postes et des communications électroniques, en date du 24 août 2011.

Ce texte stipule que "le ministre chargé des communications électroniques peut imposer à tout opérateur de soumettre ses installations, réseaux ou services à un contrôle de leur sécurité et de leur intégrité effectué par un service de l'Etat ou un organisme qualifié indépendant désigné par le ministre et de lui en communiquer les résultats".

Selon cet article, "l'opérateur fournit au service de l'Etat ou à l'organisme chargé du contrôle toutes les informations et l'accès à ses équipements, y compris les documents relatifs à ses politiques de sécurité. Le coût du contrôle est à la charge de l'opérateur", est-il précisé.

Le décret relatif devrait définir les conditions d'application de cet article.

"Cela fait quinze ans que l'Etat s'est largement dessaisi de tout moyen d'action sur ce secteur pourtant stratégiquement et économiquement primordial, au profit d'un régulateur indépendant et technocratique. Je comprends ce sentiment de frustration politique", a souligné lundi dans Le Figaro Stéphane Richard, au sujet de la mobilisation du gouvernement concernant cette panne.

Du côté de l'UFC Que Choisir, Edouard Barreiro, responsable chargé des nouvelles technologies, approuve l'initiative d'un audit sur les réseaux des opérateurs.

"S'il y a eu une panne, la question est de savoir si cela peut se répéter, et le consommateur a le droit de savoir s'il est sur un réseau fiable ou pas, d'autant que c'est devenu un critère déterminant de concurrence. Il semble utile d'avoir cette information-là", a-t-il indiqué à l'AFP.