Boeing doit reprendre à Airbus sa place de premier constructeur mondial en décrochant plus de commandes que son rival européen au salon aéronautique qui s'ouvre lundi à Farnborough (sud-ouest de Londres).
Boeing doit reprendre à Airbus sa place de premier constructeur mondial en décrochant plus de commandes que son rival européen au salon aéronautique qui s'ouvre lundi à Farnborough (sud-ouest de Londres). - Ben Stansall afp.com

© 2012 AFP

Boeing doit reprendre à Airbus sa place de premier constructeur mondial en décrochant plus de commandes que son rival européen au salon aéronautique qui s'ouvre lundi à Farnborough (sud-ouest de Londres).

Le constructeur américain, battu chaque année depuis 2007 par Airbus, l'a nettement devancé au premier semestre avec 440 avions commandés contre 230.

Bien que contrairement à Airbus, il évite de concentrer ses commandes sur les grands salons, les analystes s'attendent à ce qu'il frappe cette fois un grand coup à Farnborough.

Ray Conner, le nouveau patron de la division aviation commerciale de Boeing, s'est refusé dimance à prédire un succès. Mais "il est toujours important d'être le numéro un", a-t-il ajouté, "nous allons avoir une année formidable".

Pour les deux géants, la bataille se joue d'abord sur les moyen-courriers de 150 places. L'A320neo d'Airbus doit faire son entrée sur le marché en 2015, avec deux ans d'avance sur le Boeing 737 MAX, ce qui lui a permis d'accumuler un carnet de 1.425 commandes fermes.

Boeing veut transformer cette année un millier d'engagements d'achats de ses clients en commandes fermes. Farnborough donnera la mesure de ses progrès.

Les analystes de la banque UBS tablent sur un nombre de commandes compris entre 300 et 500 appareils, tous constructeurs confondus, avec une majorité de 737 MAX lors de ce rendez-vous international.

La société de leasing Air Lease ainsi que la compagnie américaine United devraient passer les plus grosses commandes de MAX, escompte UBS.

Le directeur commercial d'Airbus, John Leahy, concède à l'avance que Boeing annoncera "plus de commandes que nous à Farnborough". Mais, il assure que sur les deux années 2011 et 2012, Airbus aura "vendu plus d'avions que Boeing, et plus de Neo que de MAX".

Pour honorer toutes ses commandes, Airbus a décidé de construire en Alabama, aux Etats-Unis, une chaîne d'assemblage, sa quatrième après celle de Toulouse, Hambourg et Tianjin en Chine. Les premiers A320 devraient sortir de cette usine en 2016.

Airbus veut se rappprocher de ses clients pour se tailler une plus belle part du marché américain (environ 20% alors qu'il a conquis 50% du marché mondial).

Mais Ray Conner estime que la localisation de la chaîne d'assemblage n'est pas importante. "Si elle l'était, nous aurions 100% du marché", a-t-il fait valoir devant quelques journalistes à Londres.

Airbus s'attaque aussi à la domination de l'américain sur le marché plus lucratif des avions long-courriers.

Il s'efforce de livrer dans les temps (mi-2014) son premier A350 qui doit rivaliser avec le 787 Dreamliner, entré en service fin septembre, et surtout le 777, déjà livré à plus de 1.000 exemplaires.

L'européen est particulièrement attendu sur son objectif de 30 commandes cette année de super jumbos A380 dont l'image a été écornée par les micro-fissures dans les ailes qui demandent des réparations coûteuses.

Depuis le 1er janvier, seules quatre commandes ont été enregistrées pour cet appareil, le plus gros avion de ligne du monde.

Turkish Airlines, qui a besoin d'au moins 15 nouveaux très gros porteurs, pourrait l'aider à atteindre son objectif. Ce client traditionnel d'Airbus hésite toutefois entre l'A380 et son nouveau rival le Boeing 747-8.

Côté nouveaux constructeurs, le canadien Bombardier ne pourrait que se féliciter de nouvelles commandes pour son CSeries, un appareil de 110 à 130 places qui devrait sortir fin 2013 pour concurrencer les plus petits monocouloirs de Boeing et d'Airbus.

Peu d'annonces spectaculaires sont attendues pour le secteur militaire touché par les coupes budgétaires aux Etats-Unis comme en Europe.

L'avion de transport militaire européen d'Airbus military, l'A400M, a déjà raté son salon: ses démonstrations en vol sont annulées, moins de neuf mois avant la livraison du premier exemplaire, en raison d'un problème de moteur.