Taux de la BCE: Quel impact sur le crédit et le pouvoir d'achat?

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Publié le 5 juillet 2012.

ECONOMIE - La BCE les a ramenés à de nouveaux plus bas. Une décision qui n'est pas sans conséquences pour les Etats...

Du jamais vu. Jeudi, la Banque centrale européenne (BCE) a abaissé ses trois taux directeurs d'un quart de point pour les ramener à de nouveaux plus bas historiques. Cet assouplissement de la politique monétaire intervient peu après des décisions similaires annoncées plus tôt dans la journée par la Banque d'Angleterre et la Banque populaire de Chine. Le taux de refinancement de la BCE passe de 1,0% à 0,75%, le taux de facilité de dépôt de 0,25% à 0,0% et le taux de prêt marginal de 1,75% à 1,5%. Ces taux accommodants ont clairement pour but de soutenir l'activité économique chancelante de la zone euro. En effet, la récession qui sévit dans plusieurs pays pourrait s'étendre à d'autres. La France, par exemple, ne table plus que sur une croissance de 0,3% pour cette année. «Les risques entourant les perspectives économiques pour la zone euro continuent d'être orientés à la baisse», a indiqué le président de la Banque centrale européenne (BCE), Mario Draghi. «La dégradation de la conjoncture, le reflux de l’inflation et des anticipations des agents économiques, mais aussi l’absence de frémissement de la production de crédit justifient une telle décision», expliquent les économistes d'Aurel BGC.

Les crédits à la consommation vont rester attractifs

En baissant les taux, concrètement, l'institution de Francfort veut «permettre aux banques européennes de se refinancer dans de bonnes conditions, afin qu'elles disposent d'abondantes liquidités et continuent à financer les entreprises comme les ménages. Concernant les crédits aux particuliers, cela signifie que les crédits à courte échéance - tels que les crédits à la consommation - ou les crédits immobiliers à taux révisable devraient rester à des niveaux très attractifs. Les crédits immobiliers à taux fixe, dont les échéances sont plus longues, dépendent quant à eux des taux de la BCE mais aussi du taux des obligations d'Etat (OAT 10 ans). Comme ces dernières sont aussi à un niveau bas record (2,54 % le 4 juillet), tout concourt à ce que les taux de crédit immobilier restent particulièrement attractifs, continuant ainsi le mouvement de baisse entamé depuis janvier. Ainsi, le taux moyen sur 20 ans est passé de 4,31 % en janvier 2012 à 3,85 % en juillet revenant à son niveau de janvier 2011», analyse Hervé Hatt, directeur général de meilleurtaux.com.

Logiquement, dans les semaines qui viennent les taux pour les crédits à la consommation et immobilier devraient diminuer sensiblement, entrevoit Philippe Crevel, secrétaire général du Cercle des épargnants.  «Cette baisse du taux principal de la BCE devrait profiter aux emprunteurs, renchérit Philippe Taboret directeur général adjoint du courtier Cafpi. Ils devraient soit emprunter moins cher, soit emprunter plus.  Alors que les taux baissent régulièrement ces derniers mois, cette décision devrait permettre de maintenir des taux bas jusqu’à la rentrée.»

L'accès au crédit restera difficile

Cependant, une partie de la baisse annoncé par la BCE permettra aux banques d'améliorer leurs marges afin de renfocer leur solvabilité. Si les crédits vont donc coûter moins chers, il sera toujours aussi difficile d'y accéder. «Les banques sont constipées, et les statistiques de la Banque de France l’illustrent. Il est évident que la demande de crédits est sans doute moindre de la part des usagers mais ce qui est en cause, tout autant, c’est l’aggravation des critères mis en œuvre par les établissements pour octroyer des prêts», soulignait récemment dans un chat à la rédaction de 20 Minutes, Serge Maître, le  secrétaire général de l’Association française des usagers des banques (Afub).

Mais le geste de la BCE risque d'accentuer l'inflation alors que sa mission est de la maintenir sous la barre des 2% à moyen terme. En juin, la hausse des prix a atteint 2,4%. De quoi rogner encore un peu plus sur le pouvoir d'achat des ménages qui a diminué de 0,1% au premier trimestre en France. Mario Draghi se veut rassurant: «Sur la base des cours à terme actuels du pétrole, les taux d'inflation devraient poursuivre leur recul en 2012 et revenir en dessous de 2% en 2013... En prenant en compte les décisions prises aujourd'hui, les risques sur les perpectives d'évolution des prix demeurent globalement équilibrés à moyen terme.»

 
Mathieu Bruckmüller
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