Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault a écarté mercredi toute hausse du prix du gaz qui serait supérieure à l'inflation.
Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault a écarté mercredi toute hausse du prix du gaz qui serait supérieure à l'inflation. - Bertrand Guay afp.com

© 2012 AFP

Interrogé au journal télévisé de TF1 sur une possible prochaine augmentation de "5%", M. Ayrault a répondu par la négative. "Je vous dis qu'on n'augmentera pas le prix du gaz de 5%", a-t-il dit. "Donc, vous allez le geler?", lui a demandé le journaliste. "Il n'est pas question d'augmenter le prix du gaz plus que de l'inflation", a répliqué le chef de l'exécutif.

"Il y a peut-être un problème juridique, technique, etc., mais moi je veux qu'on comprenne bien qu'on ne va pas encore prendre de l'argent dans le pouvoir d'achat des classes moyennes et des classes populaires."

Les tarifs réglementés du gaz avaient déjà augmenté de 4,4% au 1er janvier, à l'issue d'un premier bras de fer entre le gouvernement et GDF Suez.

Comme le veut la loi, ils devaient augmenter de nouveau au 1er juillet, pour permettre à l'ancien monopole d'Etat du gaz de couvrir la hausse de ses coûts d'approvisionnement. GDF Suez avait réclamé auprès de la Commission de régulation de l'énergie (CRE) une revalorisation de 5%, selon des informations qui n'avaient été ni confirmées ni démenties officiellement.

Selon le site du Journal du dimanche, GDF Suez a revu à la baisse ses prétentions et réclame désormais une augmentation de 4,1%. Mais une telle demande reste bien supérieure au niveau actuel de l'inflation, qui ne dépassait pas 2,0% (en glissement annuel) en mai (derniers chiffres connus).

"Un forfait, abordable"

D'après le JDD, GDF Suez espérait initialement obtenir un "rattrapage" pour la période du 1er avril au 30 juin 2012, pendant laquelle ses tarifs avaient été bloqués suite à une décision du gouvernement Fillon, soucieux d'éviter une augmentation du gaz en pleine campagne électorale.

Mais un tel rattrapage n'est pas prévu par la réglementation et GDF Suez aurait donc été contraint par la CRE de revoir sa copie.

Interrogés par l'AFP, ni GDF Suez ni la CRE n'ont fait de commentaire.

Mardi, le ministre de l'Economie Pierre Moscovici avait déjà laissé entendre qu'il pourrait ne pas accepter tout ou partie de la hausse demandée par GDF Suez, afin de préserver le pouvoir d'achat des consommateurs.

M. Ayrault a expliqué que son gouvernement préparait "de nouvelles mesures pour que, pour le gaz comme pour l'électricité, les Français paient un forfait, abordable".

Mais ce que le gouvernement lui refuse, GDF Suez pourrait l'obtenir par la voie contentieuse. Le groupe a de bonnes chances d'obtenir une compensation pour le gel des prix du gaz imposé fin 2011 par le gouvernement Fillon, dans le cadre d'une procédure au Conseil d'Etat qui devrait aboutir prochainement.

Les prix de l'électricité ne sont pas en reste. Le 1er juillet, la Contribution au service public de l'électricité (CSPE), une taxe prélevée sur les factures de courant, a augmenté conformément à une décision qui datait de l'an dernier.

Selon le site internet d'EDF, l'impact de la CSPE va se traduire, sur les factures des particuliers au tarif réglementé, par une hausse de 1,3% en moyenne, soit autour de 9 euros par an. Par ailleurs, une augmentation des coûts d'acheminement de l'électricité doit encore être répercutée par un arrêté ministériel sur les tarifs réglementés, en principe en août.