Plans sociaux: «Nous sommes sur une pente de forte destruction d'emplois»

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Publié le 4 juillet 2012.

INTERVIEW - Mathieu Plane revient sur la cascade de restructurations...

Les destructions de postes se multiplient depuis la fin de la séquence électorale. Retour sur la situation avec Mathieu Plane, économiste à l'Observatoire français des conjonctures économiques.

Pourquoi les annonces de plans sociaux se multiplient-elles ?
Pour l'heure, les ruptures conventionnelles progressent, pas encore les licenciements économiques.

Mais faut-il se préparer à une recrudescence de ces licenciements ?
Oui, car la crise s'installe et que les plans d'austérité sont devant nous en France, mais aussi en Europe. Il faut comprendre que les licenciements ne sont pas la variable d'ajustement n° 1 du marché du travail. Les entreprises stoppent d'abord les recrutements et les renouvellements de CDD et d'intérimaires, puis travaillent sur l'annualisation du temps de travail et le chômage partiel. Le licenciement, c'est le dernier recours, celui utilisé lorsque les entreprises n'ont plus d'autres choix, car ces plans sont coûteux et compliqués à mettre en place.

La présidentielle a-t-elle repoussé l'annonce de certains plans ?
A la marge peut-être, certaines grandes entreprises ne souhaitant pas se retrouver au cœur des débats lors de la campagne. Mais le problème n'est pas la présidentielle, ce sont les perspectives qui ne s'améliorent pas.

Tous les secteurs sont-ils exposés ?
L'industrie surtout, car elle est très dépendante de ce qu'il se passe chez nos voisins. L'austérité étant de rigueur dans toute l'Europe, la récession commence à s'installer. Ce qui a un impact sur la consommation de ces pays et donc sur nos exportations. Nous sommes sur une pente de forte destruction d'emplois.

Que peut faire le gouvernement ?
Pas grand-chose. Il faut une croissance supérieure à 1 % pour créer de l'emploi et à 1,5 % pour commencer à réduire le chômage. Tant que notre croissance sera aussi faible, le gouvernement peut au mieux appliquer quelques coups de sparadrap. La seule bouffée d'oxygène serait de réduire la vitesse d'ajustement budgétaire, par exemple de repousser l'objectif de 3 % de déficit public en 2014 ou en 2015, mais ce n'est pas la voie suivie.

Propos recueillis par Céline Boff
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