Pourquoi la vague de suppression d'emplois va s'accentuer

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Publié le 3 juillet 2012.

TRAVAIL - Les perspectives économiques s'assombrissent à vue d'oeil...

La page présidentielle et législative tournée, la déferlante de plans sociaux s’abat sur l’Hexagone. Mises sous le tapis depuis le début de la séquence électorale, les restructurations d’entreprises se multiplient. «Nous dénombrons une augmentation de 130% des suppressions d'emplois privés (22.200 suppressions en mai et juin 2012 contre 9.500 en mai et juin 2011), alors que la période de janvier à avril 2012 était plus calme que celle de janvier à avril 2011 (32.700 suppressions pour les quatre premiers mois de 2011 contre 28.700 pour les quatre premiers mois de 2012)», indique David Cousquer, de la société Trendeo.

Un phénomène qui devrait s’amplifier dans les semaines à venir alors que la conjoncture s’assombrit. Le Premier ministre a ramené mardi à 0,3% la prévision de croissance pour 2012 et à 1,2% pour 2013, contre respectivement 0,4% et 1,7% auparavant. Résultat: «Les entreprises prennent des mesures préventives», décrypte Pierre Ferraci, président d'Alpha, l'un des grands cabinets d'expertise pour les CE.

La CGT a identifié 46 PME ou grands groupes menacés. 45.000 emplois sont en jeu. PSA pourrait supprimer entre 8.000 et 10.000 emplois. Frappées par la chute des ventes de voitures, 40% des usines automobiles européennes sont en surcapacité. La situation n’est guère plus encourageante à Air France, où 5.122 postes passeront à la trappe d’ici la fin 2013.

La consommation trinque

Les secteurs de la grande distribution, des biens de consommation comme l’habillement, l’agroalimentaire, à l’instar du redressement judiciaire de Doux (3.400 salariés), vont également être pénalisés par le ralentissement de la consommation des ménages. Selon l’Insee, leur pouvoir d’achat a baissé de 0,2% depuis le début de l’année. Chez Carrefour, les syndicats craignent déjà 3.000 suppressions d’emplois. Autre sujet d’inquiétude, le raffinage, qui souffre de surcapacité en Europe pour l'essence. Les 550 salariés de la raffinerie de Petit-Couronne (Seine-Maritime) et les 370 de LyondellBasell (Bouches-du-Rhône) sont en sursis.

Les télécoms ne sont pas en reste. Le secteur est en pleine restructuration après l’arrivée de Free Mobile début janvier. Mille postes seraient sur la sellette du côté de SFR et 556 chez Bouygues Telecom, selon la direction. A terme,  l’Arcep, le gendarme des télécoms, estime que 10.000 postes pourraient être supprimés. Enfin, les médias sont à la peine. Des centaines de suppressions de postes sont redoutées au sein du Groupe Hersant Media.

10% de chômage

Dans ce contexte, le taux de chômage devrait franchir la barre symbolique des 10% dès cet été. En mai, pour treizième mois de rang, le nombre de personnes sans emploi a augmenté. 33.300 personnes de plus sont venues frapper à Pôle emploi. Selon les catégories, il y a entre 2.922.100 et 4.621.000 chômeurs en France (DOM inclus). Des chiffres qui vont donc grossir dans les mois à venir. Pour créer des emplois, le taux de croissance doit atteindre 1,2% et 1,7% pour faire baisser le chômage. On en est très loin.

Mathieu Bruckmüller
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