SFR, deuxième opérateur télécoms français, a lancé mardi sa réorganisation stratégique visant à contrer l'arrivée fracassante de Free Mobile sur le marché, et annoncé lors d'un Comité central d'entreprise qu'il présenterait en novembre un plan de départs volontaires.
SFR, deuxième opérateur télécoms français, a lancé mardi sa réorganisation stratégique visant à contrer l'arrivée fracassante de Free Mobile sur le marché, et annoncé lors d'un Comité central d'entreprise qu'il présenterait en novembre un plan de départs volontaires. - Jacques Demarthon afp.com

M.B. avec AFP

C'est peu dire que Free a boulversé le marché de la téléphonie mobile depuis son arrivée fracassante en janvier. Outre la baisse très sensible des prix, le nouvel entrant oblige les opérateurs traditionnels à revoir leur stratégie de fond en comble. SFR, deuxième opérateur télécoms français, a lancé mardi sa réorganisation stratégique. Mardi se tient également un CCE de son concurrent Bouygues Télécom, qui pourrait présenter des mesures similaires aux représentants syndicaux.

Lors du CCE de la filiale de Vivendi, qui emploie 10.000 salariés, «nous avons présenté les grandes orientations stratégiques pour l'avenir de SFR. L'idée est de présenter un plan de transformation qui vise à restaurer la compétitivité», a indiqué à l'AFP un porte-parole de la direction. «On a présenté une méthode et un calendrier de mise en oeuvre: le plan de réorganisation sera lancé en novembre prochain. En même temps, en novembre, on présentera à la négociation aux partenaires sociaux un plan de départs volontaires, a-t-il détaillé, sans donner de détails chiffrés. D'ici là, on donne une priorité à la mobilité interne et la formation sur lesquelles on va mettre beaucoup de moyens», a dit ce porte-parole. Selon plusieurs rumeurs, jusqu'à 1.000 emplois pourraient être supprimés. Vivendi ambitionne de réaliser 500 millions d'économies supplémentaires en 2013 en plus des 450 millions déjà prévus pour cette année, selon des sources syndicales.

Le PDG avait sauté en mars

Dès le mois de mars, Jean-Bernard Lévy, à la tête de la maison-mère Vivendi, avait annoncé sa volonté de resserrer les boulons dans la gestion de SFR. Son PDG, Franck Esser, en avait été la première victime et avait quitté ses fonctions le 26 mars. Alors que SFR avait déjà souffert en 2011, avec un recul de plus de 3% des ventes, lié à la majoration de la TVA dans les télécoms, l'arrivée de Free (Iliad) et sa politique de bas coûts lui a porté un coup supplémentaire en attisant la guerre des prix. A la mi-mai, SFR avait ainsi indiqué avoir perdu 274.000 abonnés mobiles au premier trimestre 2012.

Le groupe diversifié Vivendi est actuellement secoué par de profondes divergences internes sur ses nouvelles orientations stratégiques: la semaine dernière, son patron, Jean-Bernard Lévy, a claqué la porte pour désaccord avec le président du conseil de surveillance, Jean-René Fourtou. Jean-Bernard Lévy, qui assurait également l'intérim de la présidence de SFR depuis le départ de Franck Esser, a dû être remplacé au pied levé par Stéphane Roussel, le DRH du groupe: Michel Combes, numéro deux de Vodafone qui devait prendre la direction de SFR en août, s'est désisté au dernier moment.

Du côté de Bouygues Télécom, le tableau n'est pas tellement plus rose: le troisième opérateur français a perdu 379.000 clients mobiles au premier trimestre 2012 en raison de l'arrivée de Free Mobile, et a vu son bénéfice chuter de 34,2% sur un an, à 59 millions d'euros. Il a annoncé fin février un plan d'économies de 300 millions d'euros, mais qui devrait porter ses fruits à partir de 2013 seulement. D'apès Les Echos, un plan de départs volontaires de plusieurs centaines de salariés serait annoncé ce mercredi. Au printemps, l'Autorité de régulation des télécoms (Arcep) a estimé que l'arrivée de Free pourrait détruire jusqu'à 10.000 emplois chez ses concurrents, tandis que la fédération FO parle de 30.000 à 60.000 emplois directs ou indirects menacés.