Rome et Madrid conditionnent l'accord sur la croissance à une aide d'urgence

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Publié le 29 juin 2012.

BRUXELLES - L'Italie et l'Espagne réservaient jeudi soir leur accord sur l'adoption du "pacte" pour la croissance en Europe à la mise en place de solutions d'urgence pour les pays en difficulté financière, a-t-on appris auprès de leurs délégations au sommet de Bruxelles.

"Ce n'est pas une réserve sur le fond, mais nous voulons que cela fasse partie d'une solution d'ensemble, le long terme doit être lié au court terme", a-t-on affirmé dans la délégation italienne.

"Cela ne signifie pas qu'il n'y a pas d'accord sur des mesures en faveur de la croissance, mais c'est une question de méthode: nous devons nous concentrer sur les mesures en faveur de la croissance, sur le rapport de Van Rompuy" pour le renforcement de l'intégration économique, "mais aussi sur les mesures de court terme" pour aider les pays en difficulté, a-t-on expliqué de source diplomatique italienne.

La délégation espagnole a dit soutenir cette position. "Nous sommes favorables au pacte de croissance, nous ne le bloquons pas, mais il faut aussi des mesures d'urgence", a insisté un diplomate espagnol. Il a laissé entendre qu'il n'y aurait pas de pacte sans ces mesures pour soulager les pays actuellement étranglés par des taux d'emprunt de plus en plus élevés.

Selon un diplomate européen, l'Italie n'est pas arrivée avec une "proposition formelle". "Il y a une série de possibilités", a-t-il dit en exposant trois "options": l'achat de titres de dette par le fonds de secours européen (FESF), la délivrance d'une licence bancaire au même fonds pour qu'il ait accès au guichet de la Banque centrale européenne (BCE) et le retrait au Mécanisme européen de stabilité (MES) de son statut de créancier privilégié afin de ne pas décourager les investisseurs privés.

Auparavant, le président de l'UE, Herman Van Rompuy, avait indiqué que les dirigeants européens s'étaient "mis d'accord" pour "améliorer le financement de l'économie à hauteur de 120 milliards d'euros pour des mesures immédiates de croissance".

"Deux pays tiennent beaucoup à ce qu'il y ait un accord et sur les mesures à long terme et sur les mesures à court terme, mais la discussion n'est pas bloquée, elle continue", avait-il ajouté au cours d'une conférence de presse.

Le plan prévoit une recapitalisation de la Banque européenne d'investissement (BEI), bras financier de l'UE, à hauteur de 10 milliards, afin qu'elle puisse lever des fonds à hauteur de 60 milliards. Il comprend aussi l'émission de "project bonds" pour financer 5 milliards d'autres projets dans les transports et l'énergie.

Les Européens veulent enfin réallouer 60 milliards de fonds structurels inutilisés jusqu'ici.

"Les Italiens n'ont pas de problème avec le pacte de croissance, ils ont un problème avec le séquençage des annonces", a résumé un diplomate européen.

Les discussions se poursuivaient peu après minuit dans la nuit de jeudi à vendredi.

© 2012 AFP
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