La taxe de 4% sur les pétroliers va-t-elle faire monter les prix à la pompe?

36 contributions
Publié le 4 juillet 2012.

CARBURANT - Le gouvernement va leur demander une aide exceptionnelle de 550 millions d'euros en 2012...

Le gouvernement cherche, tous azimuts, des moyens pour boucler le budget 2012 qui risque la sortie de route en raison d’une croissance en berne. Pour rester dans les clous de l’objectif de déficit de 4,5%, il doit trouver 7,2 milliards d’euros de recettes supplémentaires d’ici la fin décembre. Outre l’exonération de charge sur les heures supplémentaires, le relèvement du barème de l’ISF et des droits de succession, Bercy cible les banques et aussi les pétroliers. L’exécutif vient de confirmer mercredi, l'instauration d’une contribution exceptionnelle de 550 millions d’euros payés par les pétroliers à l’occasion de la présentation du collectif budgétaire. «Les opérateurs pétroliers, dont les bénéfices échappent parfois à toute imposition en France, et dont les marges ont été longtemps soutenues par la flambée des prix du pétrole, seront mis à contribution à proportion des stocks qu’ils détiennent», justifie-t-il.
 

Les raffineurs les plus touchés

Concrètement, une taxe de 4% va’appliquer sur la valeur des stocks de produits pétroliers détenus sur les trois derniers mois de 201. Tous les acteurs du secteur seraient donc visés: les raffineurs, les entreprises de stockage dans les ports, mais aussi les distributeurs comme Total, Shell… et leurs homologues des grandes surfaces (Carrefour, Leclerc…) ou encore les indépendants. Les premiers seront les plus touchés, selon l'Union française des industries pétrolières (Ufip), car ils détiennent la majorité des stocks. Une situation inquiétante à ses yeux, alors que les raffineurs ont perdu, en France, deux milliards d’euros entre 2009 et 2011. Cette nouvelle taxe pourrait d’ailleurs dissuader d’éventuels investisseurs de vouloir reprendre l’établissement Petroplus de Petit-Couronne (Seine-Maritime), et ses 500 salariés, dont la maison-mère a fait faillite en janvier, alerte Jean-Louis Schilansky.

 

Secteur sinistré

De son côté, Alexandre de Benoist, délégué général de l’Union des importateurs indépendants pétroliers (UIP), se dit accablé: «Les dépôts pétroliers ferment, les raffineries et les stations-service aussi. C’est un secteur sinistré. Pourquoi viser celui-ci et pas un autre, comme le luxe.» Il rappelle que la marge bénéficiaire des distributeurs est inférieure à un centime d’euro par litre vendu à la pompe. «Le coût sera difficile à absorber», avance-t-il. Selon le Comité professionnel du pétrole, un think tank d'industriels du secteur, la marge nette des distributeurs de produits pétroliers en France représentait environ 500 millions d'euros en 2011 et serait donc réduite à zéro par cette taxe. Ces derniers refileront-ils la hausse aux consommateurs? «Cela dépendra de la politique de chacune des enseignes», avance-t-il prudemment. Pour Jean-Louis Schilansky, Jean-Louis Schilansky, président de l'Ufip, la compétition devrait jouer à plein. «Une hausse des prix n’est pas automatique. Loin de là». Un argument que ne partage pas du tout Stanley Nahon, directeur au sein du cabinet de conseil en stratégie Booz & Company : «Le coût de cette taxe risque d’être égal voire supérieur à la marge actuelle des distributeurs. Il y a fort à parier que ces derniers vont la répercuter, en grande partie, dans les prix à la pompe. Je ne vois pas d’autre alternative. De son côté, le ministre du Budget, Jérôme Cahuzac, estime que «le surcoût, s'il était répercuté à la pompe, serait d'un centime (par litre) pour le consommateur».

Les prix à la pompe au même niveau qu’à l’été 2011

En attendant, la baisse se poursuit. Depuis son plus haut de 2012, le gazole a diminué de 14,2 centimes par litre, soit une économie de 8,5 euros, sur un plein de 60 litres, selon les calculs du site Carbeo.com. Idem pour l'essence sans-plomb, avec une baisse de 18 centimes par litre, depuis les plus hauts de 2012, avec à la clé un gain proche de 11 euros pour un plein de 60 litres. «A la veille des départs en vacances, les prix des carburants en France retrouvent leurs niveaux de l'été 2011», signale Franck Ibled, le fondateur du site.

Dernier conseil pour la route: privilégiez les stations situées à proximité des autoroutes. «En effet, nous constatons depuis plusieurs années, qu'il existe un écart compris entre 16 et 18 centimes par litre de carburant entre les stations situées sur les autoroutes et celles situées à leurs sorties. Cela représente une économie de 10 euros sur un plein de 60 litres», conclut Franck Ibled.

Mathieu Bruckmüller
publicité
publicité
publicité
publicité
Les dernières contributions

Chargement des contributions en cours

Réagissez à cet article
Vous souhaitez contribuer ? Inscrivez- vous, ou .
Confirmer l'alerte de commentaire
Annuler
publicité
publicité
Se connecter avec Facebook
S'identifier sur 20minutes.fr