Il devait débuter ce jeudi à 18h. Le Conseil européen a finalement été avancé à 15h… A Bruxelles, la journée promet d'être longue. François Hollande s'y rend avec une idée précise: plaider pour davantage de solidarité entre les pays d'Europe, dans le but de relancer la croissance.
L'Allemagne n'est pas opposée à cette solidarité, mais exige en contrepartie, et en préalable, plus de contrôles, surtout en termes de rigueur budgétaire. Evidemment, qui dit «contrôle renforcé» dit «moins de souveraineté» pour les Etats et donc plus de fédéralisme. Concept qui hérisse plusieurs pays, dont la France. D'ailleurs, ce terme n'apparaît pas une seule fois dans le document de travail préparatif au sommet, remis lundi aux partenaires européens. Herman Van Rompuy, président du Conseil européen, utilise à la place le mot «intégration».
Vers une union bancaire
Les négociations tourneront notamment autour de l'union bancaire. Bruxelles souhaite créer une autorité européenne à même de superviser et d'imposer ses décisions à toutes les banques privées et publiques nationales. Autre piste étudiée: obliger les banques à piocher dans leurs fonds privés nationaux pour venir au secours des établissements d'un autre pays, en cas de besoin. «L'idée est de faire en sorte que les banques puissent se sauver elles-mêmes», résume un porte-parole de la Commission européenne. Reste à savoir si cette union bancaire se fera à 17 ou à 27 pays.
Van Rompuy souhaite par ailleurs offrir à Bruxelles un contrôle accru sur les budgets nationaux. Ce qui va dans le sens de Berlin. Et Paris semble lâcher du lest, en considérant cette possible avancée non pas comme «un abandon de souveraineté, mais un partage». Rien ne sera toutefois arrêté à l'issue de Conseil européen, qui se clôt vendredi. La véritable feuille de route de cette «intégration», avec les mesures à adopter et les échéances, sera prête lors du Conseil européen de décembre.