Michel Sapin au Conseil national du parti socialiste, le 14 mai 2012.
Michel Sapin au Conseil national du parti socialiste, le 14 mai 2012. - A. GELEBART / 20 MINUTES

M.B. avec agences

C'est officiel. Le smic sera bel et bien revalorisé de 2% au 1er juillet, soit 1,4% au titre d'une prise en compte anticipée de l'inflation, et 0,6% au titre du «coup de pouce», ce qui représente un gain net mensuel de 21,50 euros pour un temps plein, a annoncé mardi le ministre du Travail Michel Sapin. «C'est une anticipation» sur la revalorisation automatique du 1er janvier 2013, a précisé Michel Sapin lors d'un point presse. «Le seul fait de proposer une revalorisation au 1er juillet est en soi positive, c'est six mois de gagné», a-t-il ajouté. Le ministre du Travail Michel Sapin a rencontré à 8H00 le groupe d'experts sur le smic, puis la Commission nationale de la convention collective (CNCC), composée des organisations syndicales et patronales représentatives et de plusieurs hauts fonctionnaires.

Rattapage

Le salaire horaire minimum est ainsi porté à 9,40 euros, soit 1.425,67 euros en brut pour 35 heures. Un décret devra être présenté mercredi en Conseil des ministres. En décidant une revalorisation intermédiaire le 1er juillet, hors du calendrier légal puisque le Smic est revu chaque année le 1er janvier, François Hollande avait annoncé vouloir «rattraper ce qui n'a pas été accordé» durant le quinquennat de Nicolas Sarkozy. Chaque premier janvier, le smic est en effet mécaniquement revalorisé, notamment pour suivre l'évolution des prix.
 

Mises en garde

Le gouvernement avait déjà préparé les esprits à une ampleur limitée, répétant ces derniers jours que la hausse serait «raisonnable». Il veut «concilier deux logiques» : préserver la compétitivité des entreprises, surtout des PME, et augmenter le pouvoir d'achat des bas revenus. Favorable à une hausse significative, le secrétaire général de FO, Jean-Claude Mailly, avait prévenu que le gouvernement commettrait «un premier faux pas» en ne relevant le smic que de 2% quand, lui, réclamait 5%.

Le patronat - en particulier les PME et les artisans qui emploient les gros contingents de smicards- avaient multiplié ces dernières semaines les mises en garde: «toute augmentation au-delà des critères objectifs ferait peser un risque majeur pour l'emploi», soulignait Laurence Parisot, présidente du Medef. Bernard Accoyer, président sortant de l'Assemblée nationale, a assuré mardi qu'avec ce coup de pouce, le gouvernement «crée du chômage». Selon l'un des experts du groupe sur le Smic, une hausse de 1% entraîne la destruction de 1,5% des emplois au salaire minimum, soit environ 25.000 emplois. Le gouvernement réfléchit aussi à modifier les règles de revalorisation du salaire minimum pour l'indexer en partie sur la croissance. La revalorisation procède donc d’un équilibre entre un soutien immédiat au pouvoir d’achat et une progression mesurée du smic compte-tenu de la situation économique difficile et de la fragilité des entreprises, notamment les plus petites», a expliqué un communiqué du ministère du Travail.

Selon l'Institut national de la statistique, le smic concernait en 2011 10,6% des salariés à temps plein, soit environ 1,6 million de personnes, et 25,2% des salariés à temps partiel.

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