Le très attendu arbitrage sur le Smic sera rendu mardi par le gouvernement. La hausse promise par François Hollande s'appliquera dès juillet mais le gouvernement a prévenu qu'elle serait "raisonnable", et donc limitée pour les salariés concernés, afin de préserver les entreprises.
Le très attendu arbitrage sur le Smic sera rendu mardi par le gouvernement. La hausse promise par François Hollande s'appliquera dès juillet mais le gouvernement a prévenu qu'elle serait "raisonnable", et donc limitée pour les salariés concernés, afin de préserver les entreprises. - Mychele Daniau afp.com

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Le très attendu arbitrage sur le Smic sera rendu mardi par le gouvernement. La hausse promise par François Hollande s'appliquera dès juillet mais le gouvernement a prévenu qu'elle serait «raisonnable» et donc limitée pour les salariés concernés, afin de préserver les entreprises.

Session de rattrapage

En décidant une revalorisation intermédiaire le 1er juillet, hors du calendrier légal puisque le Smic est revu chaque année le 1er janvier, François Hollande a annoncé vouloir «rattraper ce qui n'a pas été accordé» durant le quinquennat de Nicolas Sarkozy.

Le dernier «coup de pouce» au-delà de l'inflation remonte à 2006. Il avait été de +0,3%.

La hausse sera annoncée par le ministre du Travail, Michel Sapin, aux organisations syndicales et patronales réunies en Commission nationale de la négociation collective. Un décret sera présenté mercredi en Conseil des ministres.

Polémique sur les destructions d'emplois

«Je pense que le gouvernement mesure toute la difficulté de la situation économique», a déclaré lundi la patronne du Medef, Laurence Parisot, en agitant de nouveau la menace d'un «risque majeur sur l'emploi» si l'augmentation était supérieure à l'inflation.

Le gouvernement a répété ces derniers jours que la hausse serait «raisonnable», alors que les médias ont fait état d'hypothèses entre 2 et 2,5%.

«Concilier deux logiques»

A ce niveau, jugé «insuffisant» par le secrétaire général de FO, Jean-Claude Mailly, le gouvernement commettrait «un premier faux pas», a-t-il jugé. En tenant compte de l'inflation (qui a atteint 1,4% depuis novembre 2011, date de référence de la dernière revalorisation), le coup de pouce «serait en fait entre 0,1 et 0,4%», calcule-t-il : «insuffisant».

L'équation est délicate pour le gouvernement, qui doit «concilier deux logiques» : préserver la compétitivité des entreprises, surtout des PME, et augmenter le pouvoir d'achat des bas revenus.

Une hausse d'1% représenterait 11 euros nets de plus pour un plein temps. Un salarié sur dix environ est payé au salaire minimum (9,22 euros de l'heure, soit 1.398 euros bruts et 1.096 nets pour 35 heures).

Mais au-delà du niveau du Smic, les débats ont été ouverts, notamment par la CFDT et la CFTC, sur l'évolution des salaires et du temps partiel. «Il faut aller au-delà et faire en sorte que le Smic reste bien un minimum de démarrage. C'est devenu pour beaucoup trop de salariés l'unique horizon», soulignait encore lundi la CFDT.

Le gouvernement réfléchit aussi à modifier les règles de revalorisation du salaire minimum pour l'indexer en partie sur la croissance.