L'image des services publics se dégrade en Europe

ECONOMIE Sauf en France ou la satisfaction des Français envers leurs services publics s'est améliorée pour la première fois depuis cinq ans. Un must en Europe...

Bertrand de Volontat

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Drapeaux devant le Parlement européen à Strasbourg en avril 2008.

Drapeaux devant le Parlement européen à Strasbourg en avril 2008. — KAISER ANDREE/SIPA

Fini de se plaindre de la qualité des services publics? Pas encore tout à fait. Selon un sondage de l’institut BVA publié en juin 2012, emploi, santé et éducation sont les sujets qui préoccupent le plus les Européens. Tous sans exception restent insatisfaits de la manière dont ils sont traités par leur Etat. L’inquiétude née de la crise de la dette et de la hausse du niveau du chômage en France ou en Espagne porte ces thématiques au premier plan. La santé est quant à elle tout particulièrement  marquée en Espagne et en Grande-Bretagne.

La France peut remercier l’état de grâce

De même, le consensus global repousse la culture et la défense dans la hiérarchie des priorités des Européens.  Le vrai changement vient des Français qui ne sont plus les plus mécontents en Europe pour la première fois depuis cinq ans. L'etat de grâce post-présidentiel, durant lequel les Français accorde un crédit plus important aux services publics, notamment grâce à l'effet de changement, joue un rôle important. La France est même troisième juste derrière l’Allemagne et la Grande-Bretagne en termes de perception de la qualité de l’Etat à gérer le service public, devant les pays du sud de l’Europe avec lesquels la césure Nord-Sud de l’Europe est très marquée. 7 points de plus en moyenne sur les différents domaines pour la France, alors que le niveau moyen d’appréciation en Europe a baissé de 3 points par rapport à 2011.

L’Etat, la solution aux maux européens

L’Etat récolte pour sa part la grande majorité des suffrages pour sortir de la crise des services publics. Il reste l’acteur le plus reconnu par les citoyens pour soutenir les services publics, devant les régions, l’Europe et le secteur privé. Les fonctions régaliennes historiques que sont la justice, la fiscalité ou la police tombent systématiquement dans l’escarcelle étatique.

L’usager européen est en revanche mécontent, avec seulement 37% d’opinion favorable. Il voit toutefois également en l’Etat le premier moyen d’améliorer leur situation. L’alternative régionale récupèrent les thèmes de l’environnement et du logement, jugés plus locaux et en lien avec la proximité.

Si la fin du mythe du Français mécontent sera à vérifier à nouveau après l’Etat de grâce, la crise actuelle ne permet pas aux services publics de redorer leur blason en Europe. 

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