Faut-il vraiment augmenter le smic?

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Publié le 26 juin 2012.

SALAIRE - Symbolique, la hausse du smic n’est pas la panacée pour plusieurs experts...

La messe semble bel et bien dite. A en croire les dernières indiscrétions, le gouvernement va annoncer mardi un «coup de pouce» au smic autour de 2%. Une petite bouffée d’oxygène pour 2,7 millions de salariés, soit 10% de la population active, qui leur rapportera, dès juillet, sur la fiche de paie, 22 euros nets de plus par mois, sur la base d’un temps complet. Une première depuis 2006. En effet, la dernière hausse (+0,3%), en plus de la revalorisation légale annuelle, avait été décidée par le gouvernement Villepin. Mais au final, la vraie hausse de demain devrait se limiter à 0,6%. En effet, les 1,4% restants sont le fruit de l’anticipation de la revalorisation qui aurait été de toute façon actée en janvier 2013 en raison notamment de l’inflation.

Dans tous les cas, le sujet est loin de faire l’unanimité. Le patronat, sans surprise, par la voix de la CGPME et du Medef, brandit la menace d’une mise en danger de milliers de petites entreprises doublé d’un risque sérieux sur l’emploi. Un argument validé par Francis Kramarz, membre du groupe d’experts sur le smic et directeur du Centre de recherche en économie et statistique. Oui, la hausse du smic se justifie sur le plan politique, mais pas sur le plan économique. Selon lui, une hausse du salaire minimum de 1% entraîne la destruction de 1,5% des emplois situés au salaire minimum, soit de l’ordre de 15.000 à 25.000 postes perdus.

Un «coup de pouce» au goût très salé

L’opération est également salée pour l’Etat, qui doit augmenter la rémunération des agents de la fonction publique payés au salaire minimum. Pour plusieurs experts, chaque augmentation de 1% coûte jusqu’à un milliard d’euros.

D’autres voix plus surprenantes se sont prononcées en défaveur de la hausse du smic. Martin Hirsch, créateur du revenu de solidarité active (RSA), milite pour un relèvement de ce dernier, un outil plus efficace. A tous les arguments évoqués ci-dessus, l’ancien président d’Emmaüs en ajoute une autre: la hausse du smic renchérit le coût du travail des personnes les moins qualifiées et les plus soumises à la concurrence des coûts de main-d’œuvre, y compris à l’égard de nos partenaires européens. A l’inverse, le RSA est conçu pour améliorer les ressources des salariés modestes sans peser sur le coût du travail. «Le coup de pouce du smic a une valeur de symbole. Il est cependant aussi symbolique, au sens de négligeable, pour les salariés les plus modestes», tranche Martin Hirsch dans une récente tribune aux Echos.

«Plus de frustrés»

De son côté, François Chérèque, contrairement à d’autres syndicats, ne se réjouit pas de la hausse du smic, qui à ses yeux n’est pas le remède adéquat pour lutter contre la pauvreté. «Arrêtons de donner des aides aux entreprises uniquement sur la base du smic et faisons en sorte qu'on aide en particulier les branches professionnelles» où on favorise des évolutions de carrière… «Si vous n'augmentez que le smic, demain vous aurez plus de personnes au smic, plus de frustrés», estime le numéro 1 de la CFDT.

>> Vous êtes actuellement payé au smic? Ressentez-vous les différentes revalorisations du salaire minimum? Cette hausse de 2% vous satisfait-elle? Comment va-t-elle se répercuter sur votre quotidien?

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Mathieu Bruckmüller
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