La gestion de l'école de formation d'ingénieurs Polytechnique "n'est pas satisfaisante", estime la Cour des comptes, qui déplore une diversité de recrutement des élèves "excessivement limitée" et une gestion du personnel enseignant "trop laxiste".
La gestion de l'école de formation d'ingénieurs Polytechnique "n'est pas satisfaisante", estime la Cour des comptes, qui déplore une diversité de recrutement des élèves "excessivement limitée" et une gestion du personnel enseignant "trop laxiste". - Miguel Medina afp.com

avec AFP

Carton jaune. La gestion de l'école de formation d'ingénieurs Polytechnique «n'est pas satisfaisante», déplore la Cour des comptes, qui déplore une diversité de recrutement des élèves «excessivement limitée» et une gestion du personnel enseignant «trop laxiste».

Dans une lettre adressée à l'ancien ministre de la Défense Gérard Longuet et mise en ligne dans son rapport, le Premier président de la Cour des comptes Didier Migaud critique la gestion de cette prestigieuse école, déjà épinglée en janvier 2010 par un rapport du Contrôle général des armées et de l'Inspection générale de l'administration de l'éducation nationale. Il souligne d'abord que les observations de ce précédent rapport «auraient pu, et dû, être mises en application depuis longtemps si les observations précédentes de la Cour avaient été suivies d'effet». Il note que la comptabilité est encore insuffisamment fiable pour connaître le «coût complet de la scolarité (qui) reste difficile à évaluer».

Laxisme

Didier Migaud dénonce «une gestion des personnels enseignants trop laxiste ». «L'école demande à ses enseignants des services nettement inférieurs à ceux des universitaires», précise-t-il. Il regrette aussi que les enseignants à temps incomplet bénéficient encore, contrairement aux textes réglementaires en vigueur, d'une majoration de rémunération, qui en 2009 a représenté un surcoût de 1,3 millions d'euros.

La Cour déplore également «une diversité excessivement limitée», l'école ne comptant que 11% d'élèves boursiers, «loin de l'objectif de 30% fixé par le gouvernement». Elle relève également «le recrutement coûteux d'élèves étrangers», qui à cause des exonérations de frais de scolarité, des bourses et des organisations de concours, est estimé à plus de 7,5 millions d'euros, soit 75.000 euros par ingénieur.

Manque à gagner d’au moins 300.000 euros

Enfin, la Cour préconise «le nécessaire rétablissement de la pantoufle», (remboursement des frais de scolarité imposé à l'élève qui n'intègre pas la fonction publique), qui représente «un manque à gagner d'au moins 300.000 euros».

Dans sa réponse datant du 18 avril, Gérard Longuet évoquait notamment la poursuite des efforts de l'école en matière de diversité sociale, une refonte du statut des enseignants dans le contrat d'objectifs et de performance 2012-2016 et une réforme relative au remboursement des frais de scolarité.