Monaco: Les salariés du privé dans la rue pour défendre leurs retraites

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Publié le 21 juin 2012.

EMPLOI - Ils scandent leur inquiétude et défendre dans la rue un système de retraites en passe d'être réformé...

Cuisines, casinos, palaces, ou banques de la principauté de Monaco ont été abandonnés jeudi après-midi par des centaines de salariés du privé, décidés à scander leur inquiétude et défendre dans la rue un système de retraites en passe d'être réformé.

"Exceptionnellement, le Casino ouvrira ses portes à 19h00", pouvait-on lire devant le Casino de Monaco, l'emblématique établissement Belle Epoque de la Société des Bains de Mer, l'un des grands employeurs du pays.

Ils étaient près de 1.000 salariés (selon la police), plus de 1.500 (selon l'Union des syndicats de Monaco) à défiler dans un cortège insolite. Essentiellement des Français des communes avoisinantes qui font doubler chaque jour la population de la petite principauté de 2 km2.

Intrigués, touristes japonais et américains mitraillent une foule joyeuse de manifestants en bermudas et baskets hurlant "tous ensemble, tous ensemble, ouais!".

Déconcentrés par les trompettes, des employés de banques non-grévistes se penchent aux fenêtres. Un brin indifférente, une belle brune au volant d'une Ferrari prend son mal en patience accrochée à son portable...

Dans ce petit Etat qui cultive la discrétion, on préfère souvent ne pas divulguer son nom. Mais Laurent, un employé de banque de 31 ans qui habite Menton, a retenu un chiffre: "pour avoir la même retraite, il faudra travailler 7 ans de plus".

Quant à Albert, 52 ans, entouré de plusieurs collègues du casino, il n'est "pas du tout serein": "si on laisse filer, on va finir par tout nous enlever !".

Les retraités, venus par solidarité, sont plus loquaces.

"Je suis un Français immigré. Ils sont pas sympas. Vous travaillez toute une vie et vous n'avez pas le droit à la retraite", argue Raymond Tomatis, 64 ans, retraité du service des égouts.

"Si les Français n'étaient pas là, Monaco serait mort !", dit-il. "Si Monaco n'existait pas, je serais peut-être un chômeur professionnel en France", ajoute néanmoins ce retraité, "fier d'avoir travaillé 50 ans à Monaco".

Car tous concèdent aussi leur chance: à Monaco, salaires et retraites dépassent souvent de 10% ce qu'ils auraient pu être en France. René Benne, 73 ans, un ancien garçon de salle du casino, arbore encore un T-shirt siglé de la Société des Bains de Mer et se dit satisfait de sa retraite de 1.700 euros nets par mois.

Un cuisinier de 55 ans, qui gagne 2.500 euros par mois, mise sur une retraite de 1.200 euros. Mais il craint pour son pouvoir d'achat futur, s'il doit renoncer à 100 ou 200 euros.

"Si on ne fait pas cette réforme, on sera en faillite dans 20 ans", prévient Stéphane Valeri, le conseiller (ministre) pour les affaires sociales. Quelque 46.000 salariés sont concernés par la réforme et "la grande majorité a compris sa nécessité", conclut-il, au vu des 1.000 manifestants de jeudi.

Une session extraordinaire du "Conseil national" (le parlement monégasque) a été convoquée par le Prince Albert II fin septembre pour entériner le projet de loi, si possible sans en dénaturer les grands principes.

Le texte, destiné à préserver le régime des retraites jusqu'en 2050, prévoit une augmentation des cotisations patronales et salariales, ainsi qu'une attribution moins généreuse des points de retraite (volet particulièrement critiqué par les salariés).

"La réforme, injustifiée, va engendrer des amputations sur les retraites", s'insurge Monique Ferrete, secrétaire générale de l'Union des syndicats de Monaco.

"On va garantir les mêmes retraites mais on va arrêter de promettre de les augmenter", précise Stéphane Valeri. En 1970, la durée moyenne de perception des pensions était de sept ans, elle est aujourd'hui passée à 19 ans.

© 2012 AFP
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