Espagne: Madrid sous pression du marché et impatient d'en savoir plus sur les banques

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Publié le 21 juin 2012.

CRISE - Le pays a dû faire face à des taux très élévés jeudi pour emprunter sur les marchés...

L'Espagne a souffert jeudi sur le marché obligataire, contrainte à payer des taux très élevés pour emprunter 2 milliards d'euros, signe de l'extrême impatience des investisseurs quelques heures avant de connaître le montant nécessaire au sauvetage européen de ses banques.

Encore une fois, la quatrième économie de la zone euro a lancé un message rassurant en levant un peu plus que prévu (2,220 milliards au lieu des 1 à 2 milliards visés) mais, encore une fois, elle a payé le prix fort.

Le taux a plus que doublé sur l'échéance à deux ans, à 4,706% contre 2,069% lors de la dernière émission similaire le 1er mars. Pour emprunter à cinq ans, le pays a franchi, pour la première fois depuis la création de l'euro, la barre symbolique des 6%.

Rapport à 15H30

Cette envolée des taux "n'est pas une surprise" car "l'attention est centrée sur le rapport d'audit des banques espagnoles, attendu après la clôture des marchés européens", note Ishaq Siddiqi, stratégiste chez ETX Capital.

Le gouvernement doit dévoiler ce rapport à 15H30 GMT.

Les marchés sont impatients de savoir combien la zone euro devra prêter à l'Espagne pour redresser ses banques, fragilisées depuis l'éclatement de la bulle immobilière en 2008.

L'Eurogroupe s'est mis d'accord le 9 juin pour lui accorder une aide de 100 milliards d'euros maximum, mais Madrid doit encore chiffrer et faire sa demande, en s'aidant des audits menés par les cabinets allemand Roland Berger et américain Oliver Wyman.

"Le marché table sur un chiffre entre 60 et 70 milliards d'euros", commente la maison de courtage Renta4.

"Nous attendons un chiffre dans la fourchette 60-80 milliards", indiquent les analystes de Bankinter.

Demande formelle ces jours-ci

La demande formelle d'aide européenne, d'abord attendue pendant la réunion jeudi après-midi de l'Eurogroupe à Luxembourg, sera finalement déposée "dans les jours qui viennent", a annoncé le ministre de l'Economie Luis De Guindos.

"C'est une simple formalité. Aujourd'hui nous sommes là pour expliquer quelle est la situation du secteur bancaire espagnol", a-t-il ajouté.

Mais ce soutien extérieur ne signifiera pas pour autant la fin de ses problèmes: si "l'Espagne accapare toutes les attentions" en zone euro, comme le souligne Bankinter, c'est que derrière le sauvetage de ses banques, se profile le spectre d'un possible besoin d'aide globale pour le pays.

"Cela semble difficile d'imaginer que l'Espagne évitera un sauvetage plus complet" de son économie, estiment les analystes de Rabo Bank.

Pour rassurer une fois pour toutes les marchés, Madrid a encore appelé jeudi à une action de la Banque centrale européenne (BCE).

Ce qu'elle doit faire, c'est "déboucher les tuyaux du crédit, parce que c'est la seule qui a du crédit", a déclaré le ministre des Affaires étrangères, José Manuel Garcia Margallo.

L'espoir d'une action européenne pour calmer les investisseurs a déjà insufflé une certaine détente, ces derniers jours, sur le marché secondaire, où s'échange la dette déjà émise, plus réactif aux rumeurs.

Le taux d'emprunt de l'Espagne a nettement baissé jeudi matin, à 6,510% (contre 6,701% la veille), tandis que sa prime de risque vis-à-vis de l'Allemagne est repassée brièvement sous les 500 points de base (5 points de pourcentage), pour la première fois depuis dix jours.

"Cette détente est attribuable aux récents commentaires dans la zone euro de responsables appelant les fonds de secours à racheter de la dette publique sur le marché secondaire", explique Patrick Jacq, stratégiste obligataire chez BNP Paribas, même si pour lui cette solution ne suffit pas à régler tous les problèmes.

La zone euro réfléchirait à puiser dans les fonds de secours européen pour racheter des titres de dette des pays fragiles, selon le chef du gouvernement italien Mario Monti. Une idée reprise par Benoît Coeuré, membre du directoire de la BCE.

© 2012 AFP
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