La zone euro sur tous les fronts entre aide à Madrid et négociations en Grèce

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Publié le 21 juin 2012.

CRISE - L'Eurogroupe se réunit ce jeudi...

La zone euro va mettre en forme jeudi le plan d'aide aux banques espagnoles, que Madrid devrait réclamer "dans les jours qui viennent" et discuter des ajustements possibles du programme de réformes exigé de la Grèce au moment où le pays se dote d'un nouveau gouvernement.

Les ministres des Finances se sont retrouvés à partir de 16h00  à Luxembourg pour préparer la voie au sommet européen de fin juin. La directrice du Fonds monétaire international Christine Lagarde était également présente.

Parmi les urgences: peaufiner le plan d'aide pour les banques espagnoles, en espérant calmer les marchés et empêcher une contagion de la crise de la dette.

L'Espagne devrait demander officiellement l'aide de ses partenaires "dans les jours qui viennent", a indiqué le ministre espagnol des Finances Luis De Guindos à son arrivée à la réunion avec ses homologues de la zone euro. "C'est une simple formalité", a-t-il assuré devant la presse.

Le gouvernement espagnol va dévoiler à 15H30 GMT les résultats des audits menés par deux cabinets privés, qui permettront de chiffrer les besoins en capitaux des banques, dans le cadre du plan de sauvetage européen.

Le chiffre sera "bien en deçà" de 100 milliards d'euros, a affirmé mercredi à l'AFP Thomas Wieser, à la tête de l'Euro Working Group, organe qui prépare les travaux de l'Eurogroupe.

En attendant, pour aider les banques espagnoles notamment, la Banque centrale européenne (BCE) va abaisser les critères en matière de garanties qu'elle demande aux banques de la zone euro en échange de ses prêts, a appris l'AFP jeudi de source financière. Cette décision devrait être annoncée vendredi.

Jusqu'ici, la zone euro s'est engagée à prêter jusqu'à 100 milliards d'euros pour les banques espagnoles sans donner plus de détails, ce qui a accru la défiance des marchés à l'égard de l'Espagne et par ricochet, de l'Italie.

Pour preuve, Madrid a emprunté jeudi 2,220 milliards d'euros en obligations à deux, trois et cinq ans, mais a encore vu ses taux d'intérêt s'envoler.

Face à cette flambée des taux, le chef du gouvernement italien Mario Monti a proposé d'avoir recours aux fonds de secours de la zone euro, le FESF ou le MES qui doit entrer en vigueur en juillet, pour intervenir sur le marché secondaire, où s'échangent les obligations déjà en circulation. Une option faisable sous certaines conditions, mais qui n'a encore jamais été exploitée.

Cette proposition laisse sceptique en Europe et a été écartée par Berlin. Elle a toutefois reçu jeudi un soutien en provenance de la BCE.

"C'est certainement un mystère que le FESF ait été autorisé il y a presque un an à intervenir sur le marché secondaire et que les gouvernements n'aient pas encore choisi d'user de cette possibilité", a déclaré Benoît Coeuré, membre du directoire de la BCE dans les colonnes du Financial Times.

La Grèce occupera aussi une large part des discussions de la zone euro.

La formation d'un gouvernement sous la houlette du conservateur Antonis Samaras ouvre la voie au retour dans le pays de la "troïka" des bailleurs de fonds (UE, Banque centrale européenne et FMI) "dans les prochains jours", a annoncé le président de la Commission européenne José Manuel Barroso.

Mais le premier chantier pour le nouveau gouvernement est de "réviser les conditions du memorandum" de rigueur "sans mettre en danger la voie européenne du pays ou son maintien dans l'euro", selon une déclaration du nouveau gouvernement.

Athènes va notamment demander à ses bailleurs de fonds deux ans de plus pour assainir ses comptes, pouvant impliquer un nouveau prêt de 16 à 20 milliards d'euros, affirme jeudi l'agence de presse grecque Ana (semi-officielle).

Un premier message en ce sens devrait être délivré à Luxembourg par le ministre des Finances du cabinet intérimaire, Georges Zanias, malgré la nomination à ce poste de l'actuel président de la Banque nationale de Grèce (BNG), Vassilis Rapanos.

Si les Européens ont entrouvert la porte à un possible prolongement du délai donné au pays pour atteindre l'équilibre budgétaire, ils attendent aussi qu'Athènes respecte ses engagements.

Le programme d'aide à la Grèce est "largement sorti des rails" et devra être "renégocié" cet été, avec le choix entre de nouvelles mesures d'austérité ou un allongement des délais, a estimé M. Wieser.

Outre l'Espagne et la Grèce, la zone euro se penchera sur le cas de Chypre qui prévoit de solliciter son aide pour renflouer ses banques "probablement la semaine prochaine", selon une source diplomatique européenne.

Le pays, qui va prendre la présidence de l'UE en juillet, souhaite que cette aide ne soit pas assortie de mesures d'austérité, sur le modèle espagnol. Il veut dans le même temps demander un prêt de 3 à 5 milliards d'euros à la Russie.

© 2012 AFP
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