Air France, plongée dans une grande révision de sa stratégie pour sortir des difficultés et renouer avec la compétitivité, dévoilera à combien elle chiffre son sureffectif et par quelles mesures elle entend y remédier, jeudi lors d'un comité central d'entreprise.
Air France, plongée dans une grande révision de sa stratégie pour sortir des difficultés et renouer avec la compétitivité, dévoilera à combien elle chiffre son sureffectif et par quelles mesures elle entend y remédier, jeudi lors d'un comité central d'entreprise. - Joel Saget afp.com

M.Gr. avec AFP

Air France, plongée dans une grande révision de sa stratégie pour sortir des difficultés et renouer avec la compétitivité, dévoilera à combien elle chiffre son sureffectif et par quelles mesures elle entend y remédier, ce jeudi lors d'un comité central d'entreprise.

Plus à la peine que KLM en raison de la concurrence des compagnies low cost sur son réseau domestique, la compagnie entend réduire les coûts à hauteur de 2 milliards d'euros d'ici 2015, et pour y parvenir va proposer un plan de départs volontaires de 2.500 postes.

Le personnel au sol (environ 32.000), déjà visé par le plan de 2009 à hauteur de 1.800 personnes, devrait être à nouveau en première ligne. Pour tous les personnels (au sol et navigants) les 800 départs naturels annuels ne seraient pas remplacés, ce qui aboutirait à quelque 2.400 postes en trois ans.

Suppression de 10% de l'effectif

Ainsi 5.000 postes au total devraient être supprimés d'ici à 2015, soit 10% de l'effectif actuel de la compagnie (hors filiales) estimé à près de 53.000 personnes. Les navigants (pilotes et hôtesses) semblent échapper au plan de départs volontaires.

La direction agit «comme s'il pouvait y avoir un redémarrage possible» et prend en compte la nécessité d'avoir dans ce cas-là «du personnel immédiatement disponible» et formé, explique Didier Foussat, secrétaire général du SNPNC-FO (stewards-hôtesses, PNC). Son syndicat privilégie le temps partiel négocié.

Du côté des pilotes, Julien Duboz, porte-parole du Spaf (second syndicat de pilotes) estime que la solution viendrait «plus de la solidarité entre pilotes via le temps mensuel réduit».

Pas de départ contraint pour l'instant

Après une série de mesures en janvier (gel des embauches et des investissements, etc...), Air France s'est donné jusqu'au 30 juin pour parvenir avec les syndicats à renégocier des accords d'entreprise (promotions, temps de travail, congés, composition d'équipage) pour un gain de productivité de 20%.

La compagnie tricolore espère un retour à l'équilibre en 2014 pour son activité court et moyen-courrier, en perte d'environ 500 millions d'euros en 2011. Le PDG Alexandre de Juniac a prévenu qu'un raté des négociations avec les syndicats aurait «un impact encore plus fort sur l'emploi». Faute d'accord, la direction dénoncera le cadre contractuel existant. «La menace qui pèse sur l'emploi est profitable à l'entreprise pour laisser la pression sur la négociation», estime Didier Foussat.

Lors du CCE du 28 juin, la direction devrait présenter la version finale de Transform 2015, dont son volet industriel. Ce dernier privilégie une montée en puissance de la filiale low cost Transavia et des filiales régionales, et une réduction de la flotte d'Air France court et moyen courrier.

Appel à la grève

«La condition pour que la CFE-CGC signe quoique ce soit, ce sera la garantie (...) qu'il n'y ait pas de départ contraint», a prévenu Ronald Noirot, délégué CFE-CGC au CCE. La CFDT a demandé «un retour à la table des négociations sur les temps de travail lorsque le plan s'achèvera et aura rendu les effets escomptés». Pour le sol, la direction souhaite par exemple reprendre de 10 à 12 jours de RTT par an et par agent.

«On accepte de faire des efforts pendant la période difficile, mais on remettra le dossier sur la table» après 2015, affirme Michel Salomon (CFDT). Selon lui, les transferts de contrat à l'intérieur du groupe ne sont pas d'actualité.

La CGT a déjà indiqué qu'elle ne donnerait pas sa signature, et celle des PNC semble pour l'heure incertaine.

SUD aérien (minoritaire) a pour sa part appelé à la grève du 21 au 24 juin pour dénoncer des méthodes «à la hussarde», et les syndicats de la filiale Regional, «dans le flou sur leur sort», agitent la menace d'une grève la semaine prochaine.