Ayrault admet que les euro-obligations ne sont pas pour tout de suite

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Publié le 20 juin 2012.

CRISE - Il faudra olusieurs années pour que ce projet se concrétise...

Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault a admis qu'il faudrait des années et davantage d'intégration politique au sein de l'Europe avant de pouvoir introduire les euro-obligations que Paris appelle de ses voeux, dans un entretien à l'hebdomadaire allemand Die Zeit.

Un sujet qui fâche

«Je souhaite que nous parlions des eurobonds à Bruxelles comme d'une perspective. Le système de mutualisation de la dette exige une plus grande intégration politique qui est nécessaire. Cela prendra sans doute plusieurs années. Cependant, sans attendre, il faut agir», a-t-il dit à l'hebdomadaire à paraître jeudi.

L'emploi du terme «euro-obligations» est au coeur actuellement des crispations entre Paris et Berlin, la France souhaitant lancer le débat dès maintenant sur la mutualisation de la dette, et l'Allemagne s'y refusant tant que les Etats n'auront pas consenti des transferts de souveraineté.

La supervision bancaire prioritaire

Question action immédiate, Jean-Marc Ayrault a évoqué «tout d'abord» la question bancaire.

«Nous devons aller vers une supervision bancaire commune, avec un système européen de garantie des dépôts. Nous pouvons aussi trouver des solutions pour faciliter l'accès au financement des Etats, par exemple par des émissions à court terme ou par la proposition des Sages allemands sur le fonds d'amortissement», a-t-il détaillé.

A huit jours d'un sommet des dirigeants européens à Bruxelles, Jean-Marc Ayrault a estimé que «le rôle du mécanisme européen de stabilité (MES) doit être renforcé», afin de lui permettre d'agir comme une banque «à certaines conditions».

Cela permettrait notamment au MES, qui doit succéder en juillet au FESF pour se porter à l'aide des Etats en difficulté de la région, d'emprunter directement auprès de la Banque centrale européenne (BCE) et non plus uniquement sur les marchés financiers, ce à quoi Berlin s'oppose au motif que le mandat de la BCE exclut un financement des déficits publics.

Mais pour Jean-Marc Ayrault, «cela permettra que les Etats ne s'endettent pas davantage, au détriment du contribuable».

«Redonner toute sa force à l'idée européenne»

Malgré ces différents points de désaccord avec l'Allemagne, «je ne doute pas que nous parvenions à un accord lors du sommet de Bruxelles», a poursuivi le Premier ministre français.

«C'est ce que nous souhaitons. Il est essentiel que sortent de ce Conseil des décisions qui redonnent confiance aux peuples et dessinent les perspectives du projet européen. En effet, il faut redonner toute sa force à l'idée européenne, affaiblie par les risques liés à la crise de l'euro et par l'absence de croissance».

Il a souligné qu'il fallait poursuivre les efforts «de réduction des déficits et de l'endettement» tout en prenant «désormais le chemin qui mène à la croissance et à l'emploi».

Interrogé sur la Grèce, le  Premier ministre a fait le constat que la population grecque avait voté contre la sortie de l'euro et que le pays devait maintenant faire les efforts nécessaires, notamment pour créer un système fiscal qui fonctionne.

«Mais on doit aussi prendre en considération le développement économique des mois passés, et notamment l'absence de croissance», a-t-il réclamé.

© 2012 AFP
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