G20 : Pour Hollande, l'Europe doit prendre la spéculation de vitesse

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Publié le 20 juin 2012.

ECONOMIE – Pour le président de la République, la réponse à la crise vient des Européens...

Ebranlée par la crise, la zone euro peut résoudre elle-même la crise. C’est en substance le message qu’a fait passer François Hollande à l’occasion de son premier G20. Depuis lundi, la situation sur le vieux continent a monopolisé les débats du groupe des vingt pays les plus industrialisés et des puissances émergentes qui se déroulent à Los Cabos, cité balnéaire de Basse-Californie, au Mexique.

Préserver l'intégrité et la stabilité de la zone euro

Un projet de communiqué final, que Reuters a pu consulter, indique que les pays de la zone euro sont invités à «prendre toutes les mesures politiques nécessaires pour préserver l'intégrité et la stabilité de la zone euro, y compris en matière de fonctionnement des marchés financiers et en brisant la boucle qui lie les Etats souverains et les banques».

Pour y parvenir, le président de la République a déclaré que l'Europe doit prendre la spéculation de vitesse. Il a insisté pour qu'une solution soit trouvée d'ici le Conseil européen des 28 et 29 juin pour combattre une «incertitude» dangereuse pour les 17 pays de l'eurozone. «La grande affaire pour l'Europe c'est d'aller vite, dans cette course permanente entre les événements, la spéculation et la décision politique, a-t-il déclaré à la presse. Il faut que la décision politique aille plus vite que l'incertitude».

Aplanir les divergences avec l’Allemagne

En marge des travaux du G20, François Hollande s’est entretenu avec la chancelière allemande Angela Merkel, avec qui il est essentiel d'aplanir les divergences sur les solutions à apporter aux Européens. «Nous pouvons avoir des points de vue qui diffèrent (...) mais nous avons, Angela Merkel et moi-même, la conscience que c'est l'Europe qui doit avoir sa propre réponse. Elle ne doit pas nous être donnée de l'extérieur, a estimé le président français. France et Allemagne, compte tenu de leur place, de leur force économique, doivent travailler ensemble».

François Hollande a salué la victoire aux législatives grecques de partis favorables aux mesures d'austérité, qui a écarté le spectre d'une sortie d'Athènes de l'euro : «L'Europe doit faciliter cette démarche, non pas pour mettre en cause les obligations qui ont été souscrites mais en faisant en sorte que la croissance, que les aides qui peuvent venir des fonds structurels, puissent être stimulées, mobilisées. Je me situe là».

Taxe sur les transactions financières

Le chef de l'Etat a estimé par ailleurs que le Fonds monétaire international, dont les ressources ont été augmentées d'au moins 456 milliards de dollars à l'occasion de ce G20, n'avait pas vocation à renflouer la zone euro. Il a jugé par ailleurs inacceptables les taux d'intérêts imposés à des pays comme l'Espagne et l'Italie qui dépassent les 7%. Au final, François Hollande s'est réjoui que le thème de la croissance, son leitmotiv en Europe, ait été le sujet-clef à Los Cabos.

Cependant, le communiqué final du sommet du G20 ne devrait pas faire mention de la création d'une taxe sur les transactions financières, à laquelle Britanniques et Américains, notamment, sont opposés. Aux yeux du président, pour avancer sur cette question, « ce sera donc de la responsabilité de certains pays qui sont convaincus de l'utilité de cette instrument, du rendement qui peut être le sien, d'avancer. Soit au sein de l'Europe par un coopération renforcée, soit par une mise en place d'un outil commun avec des pays de plusieurs continents».

M.B. avec Reuters
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