G20: Le couple franco-allemand va-t-il encore s'écharper?

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Publié le 18 juin 2012.

ECONOMIE - Les relations entre les deux partenaires sont très, très tendues...

Croissance vs rigueur. L’âpre bataille idéologique que se mènent la France et l’Allemagne, depuis l’arrivée à l’Elysée de François Hollande, est-elle susceptible de parasiter le sommet du G20 qui s’ouvre ce lundi jusqu’à mardi à Los Cabos (Mexique)? A priori, le risque est non négligeable alors que l’Europe, toujours en proie à la crise des dettes souveraines, sera au centre de toutes les attentions.

Et pour cause. Barack Obama, qui joue sa réélection en fin d’année, craint de voir les signaux économiques de la bannière étoilée virés au rouge à l’approche du scrutin. Première destination des exportations américaines, l’Europe voit sa consommation tourner au ralenti. Et le président américain ne veut pas perdre ses élections en raison de la baisse d'activité sur le vieux continent. De son côté, la Chine pèsera de tout son poids pour que la zone euro sorte du bourbier dans lequel elle est plongée depuis plus de deux ans. En effet, les échanges entre les deux zones sont orientés à la baisse et handicape la croissance de l’empire du Milieu.

Valse de «bons» mots

Les grandes économies mondiales ont donc les yeux rivés sur l’Europe, mais les tensions du couple franco-allemand inquiètent au plus haut point. Un brin esseulé depuis la défaite de Nicolas Sarkozy, la chancelière, attaquée en France pour sa défense à tous crins de la rigueur, avait vivement réagi vendredi en déplorant le «manque de confiance entre les acteurs» de la zone euro et en mettant en garde contre la «médiocrité». «Il y a un faux débat qui est apparu, opposant la croissance et la rigueur budgétaire. C'est n'importe quoi», avait-elle tempêté, dans une allusion évidente à François Hollande. Plus féroce que jamais, Angela Merkel avait dénoncé la veille les «solutions de facilité» et «la médiocrité des recettes proposées pour contrer la crise.  Des envolées qui ont eu le don d’irrité l’exécutif français. «Formules simplistes», lui avait rétorqué le Premier ministre Jean-Marc Ayrault, tandis qu'Arnaud Montebourg, a dénoncé «l'aveuglement idéologique» de la chancelière.

Pas de surenchère au G20

Des mots très durs qui ne sont pas étrangers au contexte électoral français. «Il y a une grosse partie de com’ qui ne reflète pas la réalité» décrypte Christian Parisot, économiste en chef chez Aurel BGC. La séquence des législatives fermée, le ton devrait redescendre d’un cran. Pour preuve, dès samedi, François Hollande et Angela Merkel ont eu des discussions qualifiées de «constructives et fructueuses».  Dans ce contexte, les observateurs ne s’attendent pas à une surenchère verbale à l’occasion de ce G20. François Hollande et Angela Merkel n’ont aucun intérêt à s’écharper en public. Hormis des déclarations de bonnes intentions sur l'importance pour l'Europe de regagner la confiance des marchés, rien de concret ne devrait sortir de Los Cabos. Les vraies annonces seront réservées pour plus tard, lors du prochain Conseil européen des 28 et 29 juin. François Hollande mettra sur la table un plan de relance chiffré à 120 milliards d’euros. C’est à cette occasion que l’on pourra juger réellement de l’état des relations franco-allemandes.

M.B.
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