La Grèce peut-elle désormais assumer ses engagements européens?

4 contributions
Publié le 18 juin 2012.

CRISE - Les secondes élections grecques sont passées et la sortie de la zone euro semble oubliée. Que faut-il attendre de la formation du prochain gouvernement, en tout cas à court terme…

Une coalition nécessaire mais complexe

La zone euro l’espérait, les Grecs l’ont fait. La catastrophe économique a été évitée à la faveur de la victoire du parti pro-européen Nouvelle Démocratie qui va poursuivre les mesures d’austérité nécessaires aux yeux de la zone euro. Le parti radical de gauche (Syriza) finit deuxième avec ses idées d’ignorer les termes imposés par les Européens. Son élection aurait selon toute vraisemblance conduit à l’explosion de la zone euro.

La formation d’une coalition est encore toutefois nécessaire dès lundi pour le leader du parti Antonis Samaras. Sur les 300 sièges du parlement d'Athènes, Nouvelle Démocratie n’en aura que 129, ce qui oblige le parti à sceller des alliances. Il devrait appeler à la constitution d'un gouvernement d'union nationale et pourrait conclure une alliance avec, au moins, les socialistes du Pasok. Une coalition loin d’être acquise.

Une renégociation du plan de rigueur

Qu’est-ce qui a vraiment changé par rapport aux élections de mai? Les Grecs, sous la pression internationale, de Barack Obama à la zone euro, ont fait par ce vote le vrai choix de l’Europe. Le financier Mike Shedlock considère sur son blog que cette élection n’aura sur la zone qu’un impact à court terme et qu’elle n’aura sur la distance qu’influence sur la destinée finale de la zone. Un avis que ne partage pas le président Van Rompuy qui rappelle que «nous (les pays membres, ndlr) continuerons  à être aux cotés de la Grèce, comme membre de la famille européenne et de l’Euro-zone».

Samaras veut de plus une «renégociation» du plan de rigueur de 130 milliards d’euros du FMI et de l'Union européenne, imposé à la Grèce depuis 2010, et qui a plongé le pays dans une grave récession.

Selon une note de ce lundi d’Aurel BGC, cette renégociation est même «inévitable». Les besoins de financement de la Grèce ont sensiblement augmenté sur les derniers mois, avec des recettes fiscales inférieures aux attentes.

La Grèce reste exsangue pour l’heure: il n’y a que 2 milliards d'euros dans les caisses de l'Etat, une évasion fiscale à hauteur de 20% du PIB, une économie en récession depuis 5 ans, 150.000 entreprises qui ont fait faillite, et surtout 16 milliards à trouver d'ici juillet. Un porte-parole du gouvernement allemand a toutefois coupé court à ces ouvertures déclarant que ce n'était pas le moment d'accorder une quelconque remise à la Grèce et que le calendrier convenu devait rester en l'état.

Un vent de fraîcheur en Europe, durable?

La question qui se pose désormais est la Grèce qui ne sort plus de la zone euro, est-ce vraiment une bonne nouvelle? Cette élection compte-t-elle vraiment dans la quête de bonne santé de la zone euro? Aurel BGC annonçait dès vendredi que la coalition serait fragile et aura du mal à prendre des décisions et à appliquer une politique d’austérité, si elle le souhaite.

«Il n’y a pas de scénario rose pour les marchés. Nous pensons que le risque politique va perdurer en Grèce dans les prochaines semaines, qu’il ne disparaîtra pas avec ces élections.» A l’instar de l’euro bas au plus depuis un mois, les marchés asiatiques puis les places européennes ont pour l’instant bien réagi, sans excès, dans l’attente des banques centrales et preuve de l’importance limitée de l’événement électoral. la fermeté de Berlin rappelant aux investisseurs que l'hypothèque grecque n'est pas définitivement levée et que la crise des dettes souveraines au sein de la zone euro ne s'arrête pas à Athènes.

Après une ouverture en forte hausse, emmenée par un bond plus de 6% de la Bourse grecque, les places financières européennes ont effacé leurs gains, l'indice Eurostoxx 50 reculant de 0,40% à 13h45Ils sont désormais tournés vers les situations italiennes, espagnoles qui continuent de préoccuper

Les prochains jours resteront déterminants pour l’Europe avec le G20 et la préparation du sommet européen des chefs d’Etat et de gouvernement (28-29 juin), qui devront trouver un terrain d’entente. Ces élections grecques n’étaient qu’une étape dans la stabilisation de la vie grecque et européenne. Elle a été franchie, la route est encore longue. 

Bertrand de Volontat
publicité
publicité
publicité

publicité
Les dernières contributions

Chargement des contributions en cours

Réagissez à cet article
Vous souhaitez contribuer ? Inscrivez- vous, ou .
Confirmer l'alerte de commentaire
Annuler
publicité
publicité
Se connecter avec Facebook
S'identifier sur 20minutes.fr