Le nouveau patron de Carrefour se donne trois ans pour relancer le groupe

10 contributions
Publié le 18 juin 2012.

DISTRIBUTION - Défiguré, le groupe doit affronter des chantiers gigantesques...

Aux commandes depuis avril et promu PDG fin mai, Georges Plassat a étrillé devant les actionnaires le bilan de son prédécesseur Lars Olofsson, parti avec une retraite chapeau et une prime de non-concurrence de 1,5 million d'euros en laissant derrière lui un groupe qu'il a qualifié de «défiguré». Et pour cause. «Lars Oloffson avait déjà dressé un constat sévère sur la situation du groupe il y a maintenant 3 ans. Celle ci n’a fait qu’empirer et le chantier pour remettre le groupe en ordre de marche semble énorme», résume un analyste financier.

 Quand un actionnaire se plaignait d'avoir attrappé la chiasse après avoir consommé des produits achetés chez Carrefour

Il faut «revenir à des principes simples», a martelé Georges Plassat pour son premier grand oral devant l'assemblée générale de Carrefour, en marge de laquelle près d'une centaine de salariés étaient venus manifester pour l'emploi à l'appel des syndicats CGT et CFDT. Réduction des frais généraux beaucoup trop importants, des coûts liés aux structures centrales et au marketing, au bénéfice des magasins, Georges Plassat a tourné le dos sur pratiquement tous les sujets à son prédécesseur. Il n'a pas précisé ses intentions sur l'emploi, en France alors que les syndicats redoutent la suppression de 3.000 à 5.000 postes.  «Tout le monde sait que le groupe est trop lourd en amont de ses réseaux de magasins», a cependant affirmé celui qui entend «faire les choses proprement, si nécessaire.»

Développer l'alimentaire et les produits frais

Affront supplémentaire à Lars Olofsson, Georges Plassat «souhaite» revenir sur la «convergence des marques» c'est-à-dire le fait que tous les magasins soient exploités sous l'enseigne Carrefour (Carrefour Market, Carrefour Market...). Georges Plassat a d'ailleurs enterré le projet d'hypermarché nouvelle génération Carrefour Planet porté par son prédécesseur, qui «disparaît de sa belle mort». Inventeur du concept d'hypermarché, délaissé ces dernières années par les consommateurs, Carrefour veut y développer les rayons alimentaires et les produits frais, au détriment du non-alimentaire qui s'y vend moins bien. Le groupe pourrait ainsi fermer les espaces de bijouterie déficitaires et instaurer la mise en libre-service de la téléphonie

Pour autant, «nous aurons du vent de face», a prévenu le PDG, au vu de la situation très délicate du groupe, dont le bénéfice a chuté l'an dernier de 14% à 371 millions d'euros pour un chiffre d'affaires de 91,5 milliards sur ses 33 pays d'activité préservé (+0,5%) par les émergents. «Le renforcement de la concurrence dans un environnement économique plus difficile entraînera une nouvelle baisse des marges compte tenu de la nécessité de maintenir des prix agressifs afin d’enrayer la perte de part de marché. Nous attendons donc une nouvelle baisse de l’opérationnel en 2012 avant un début d’amélioration en 2013. Des cessions d’actifs ne sont pas à exclure mais sans précipitation», estime un analyste.

 «Regreffer la tête sur un canard»

Après s'être retiré partiellement de Grèce la semaine dernière, Georges Plassat a ainsi promis des «arbitrages» sur l'international. «Nous ne pourrons pas défendre nos positions partout» a-t-il ajouté, s'interrogeant sur sa présence en Turquie, et soulignant par contre l'importance du Brésil. Outre la France où Carrefour ne cesse de perdre des parts de marché, le deuxième distributeur mondial est en difficulté dans le sud de l'Europe frappé par la crise, mais a entrepris de se développer dans les pays émergents, notamment en Amérique latine. «Peut-on regreffer la tête sur un canard? C'est toute la question qui se pose à nous. Je pense que oui», a dit Georges Plassat.

Témoignage de leur grogne à l'égard du passif laissé par Lars Olofsson, les actionnaires n'ont avalisé que de justesse, à 51,3%, la retraite-chapeau et l'indemnité de non-concurrence attribuées à l'ancien PDG, au grand dam des syndicats mais aussi des petits porteurs. Ces derniers lui reprochent notamment d'avoir avoir fait plonger le cours de Bourse de moitié depuis début 2011. Ils ont également rejeté de peu deux motions réservant des options de souscription d'actions, gratuites ou non, aux salariés et aux dirigeants. «Que Lars Oloffson parte avec une retraite chapeau, après seulement trois ans à la tête du groupe, et 1,5 million d'euros d'indemnités liées à une clause de non-concurrence, est insupportable vu ses résultats», a déclaré Claudette Montoya, déléguée centrale CGT du groupe.

M.B. avec AFP
Mots-clés
Newsletter
HIGH-TECH

Recevez une fois
par semaine
toute l'actualité high-tech

publicité
publicité
publicité

publicité
Les dernières contributions

Chargement des contributions en cours

Réagissez à cet article
Vous souhaitez contribuer ? Inscrivez- vous, ou .
Confirmer l'alerte de commentaire
Annuler
publicité
publicité
Se connecter avec Facebook
S'identifier sur 20minutes.fr