Les esprits s'échauffent entre la France et l'Allemagne

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Publié le 15 juin 2012.

ECONOMIE - Médiocrité, faux débat... La chancelière Angela Merkel donne de la voix...

La tension monte d’un cran entre Paris et Berlin. La chancelière Angela Merkel a condamné avec férocité vendredi le «faux débat» entre croissance et rigueur, révélant les divergences encore profondes de la zone euro avant un scrutin grec à haut risque dimanche et une réunion du G20 lundi et mardi à Los Cabos (Mexique).

Démarche spectaculaire

Dans une démarche spectaculaire, l'édition allemande du Financial Times a appelé vendredi dans un double éditorial de Une, rédigé en grec et en allemand, à «résister à la démagogie d'Alexis Tsipras», leader de la gauche radicale. «C'est seulement avec les partis qui acceptent les conditions des bailleurs de fonds internationaux que votre pays pourra garder l'euro», menace le journal. Un porte-parole du gouvernement a cependant souligné qu’Angela Merkel ne «donnait pas de conseil de vote». Mais la chancelière elle-même a contribué vendredi à échauffer les esprits avec un discours très offensif semblant viser Paris.

Attaquée de toutes parts et particulièrement en France pour sa défense de l'austérité, Angela Merkel a déploré devant la fédération des entreprises familiales un «manque de confiance entre les acteurs» de la zone euro. «Il y a un faux débat qui est apparu, opposant la croissance et la rigueur budgétaire. C'est n'importe quoi», a-t-elle tempêté. Elle a martelé, comme elle l'avait déjà fait la veille, que l'Allemagne «ne se laissera pas convaincre par des solutions rapides comme les euro-obligations» ou l'introduction d'un fonds commun de garanties bancaires en Europe.

Médiocrité

«Le danger des propositions précipitées de mutualisation» de la dette est d'occulter les divergences de puissance économique en nivelant les taux d'emprunt des Etats, a-t-elle averti. «Celui qui occulte cela finit dans la médiocrité. Et la médiocrité ne doit pas devenir l'étalon» en zone euro, s'est emportée Angela Merkel, très applaudie. Elle a égratigné au passage la France, appelant à observer «l'évolution du coût du travail » dans ce pays et dans le sien, une manière de louer les efforts de réformes faits par l'Allemagne.

La veille, Jean-Marc Ayrault avait reproché à celle qui mérite plus que jamais son surnom de «Madame Non» ses «formules simplistes», tandis qu'un ministre, Arnaud Montebourg, a dénoncé «l'aveuglement idéologique» de la chancelière.

Vendredi matin, le Premier ministre avait choisi un ton plus conciliant, jugeant qu'entre «amis» il fallait pouvoir «se dire les choses». Mais c'était avant la nouvelle sortie de la chancelière.

 


Ayrault : Paris et Berlin, "main dans la main" par Europe1fr

M.B. avec AFP
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