Maurice Lévy jette l'éponge de l'Afep

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Publié le 15 juin 2012.

ECONOMIE - Après la polémique sur sa rémunération...

La polémique sur les 16 millions d'euros de rémunération différée touchés à la tête de Publicis a eu raison de Maurice Lévy, le patron emblématique du groupe, qui a annoncé jeudi soir sa démission de la présidence de l'Association française des entreprises privées.

"J'ai décidé de mettre un terme à ma mission de président de l'Afep", écrit M. Lévy, en évoquant une décision "mûrement réfléchie", dans une lettre aux adhérents de l'association, qui regroupe le gratin des plus grandes entreprises privées de l'Hexagone.

"Pour discuter avec les instances gouvernementales sorties des urnes, je ne suis plus le mieux placé", justifie-t-il dans ce document de deux pages, transmis à l'AFP quelques minutes après sa diffusion sur le site internet du quotidien économique Les Echos.

Il explique avoir fait part de son intention de jeter l'éponge au conseil d'administration de l'Afep à trois reprises, la première remontant au 28 mars, au tout début de l'affaire, mais avoir retardé l'échéance à sa demande puis pour "attendre que l'assemblée générale de Publicis Groupe se soit déroulée".

Lors de la réunion, le 29 mai, le patron de Publicis avait reçu le soutien de la première actionnaire du groupe, Elisabeth Badinter, comme des petits porteurs qui n'avaient exprimé aucune réserve sur les 16 millions d'euros perçus.

En pleine campagne présidentielle, la révélation fin mars du versement de cette rémunération différée depuis 2003, en sus de sa rémunération régulière, avait valu à Maurice Lévy une volée de critiques à gauche, de François Hollande et plusieurs proches du candidat socialiste, dont Jérôme Cahuzac.

"L'inégalité dans la répartition de la richesse produite, quand elle est à ce point, est un désordre et ce désordre, il faut y mettre fin", avait clamé l'actuel ministre du Budget, récusant que "Maurice Lévy (ait) eu une utilité sociale dont la juste contrepartie serait de percevoir" une telle somme.

"De faute, il n'y en a pas"

Défendu par la présidente du Medef Laurence Parisot et par son groupe, le patron de Publicis n'avait pas non plus été épargné à droite, montré du doigt par le souverainiste Nicolas Dupont-Aignan ou l'ancienne ministre du Budget Valérie Pécresse, qui avait jugé sa rémunération "disproportionnée".

Sans le viser, Nicolas Sarkozy avait fustigé les "rémunérations exorbitantes" votées par des actionnaires au "coeur à gauche", une allusion à Mme Badinter, fille du fondateur de Publicis Marcel Bleustein-Blanchet et épouse de l'ancien ministre socialiste de la Justice Robert Badinter.

Maurice Lévy explique dans sa lettre avoir à l'époque "délibérément" choisi de ne pas réagir. "Je savais bien que dans cette période électorale toute réaction eût été inaudible (...) Je voyais le tour populiste que prenait cette élection et savais que toute défense se retournerait contre moi".

Citant des extraits d'un email adressé le 28 mars aux administrateurs de l'Afep, dans lequel il avouait "comprendre" que le montant de ses revenus différés "choque", le patron de Publicis récuse pour autant tout procès en légitimité.

"De faute, il n'y en a pas", martèle-t-il, rappelant les votes successifs des actionnaires pour valider ce mécanisme de rémunération à la performance. "Ma légitimité, je ne la tiens d'aucun homme politique, d'aucune caste", se défend-il.

Se targuant d'avoir, à la tête de l'Afep, "mis sur la table" le problème "crucial" de la "compétitivité" de l'économie française, Maurice Lévy adresse une mise en garde à la classe politique et au gouvernement en prônant "des restructurations profondes" en sus de "la réduction des dépenses publiques et de la dette souveraine". "Plus on tardera et plus le réveil sera brutal et douloureux", défend-il.

© 2012 AFP
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