Le parlement allemand va se prononcer sur le pacte budgétaire le 29 juin

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Publié le 14 juin 2012.

ECONOMIE - Après des semaines de blocage de la gauche allemande...

La chancelière Angela Merkel et les sociaux démocrates ont annoncé jeudi un accord pour faire ratifier par Berlin le pacte budgétaire européen le 29 juin, après des semaines de blocage de la gauche allemande, qui s'est rangée aux côtés des socialistes français.

Mme Merkel a besoin des voix d'une partie de l'opposition pour faire avaliser à la majorité des deux tiers par les deux chambres du parlement le pacte qui engage l'Allemagne, et 24 de ses partenaires de l'Union européenne, à plus de discipline dans la gestion des deniers publics.

Enhardis par l'élection du socialiste François Hollande comme président français, le parti social-démocrate SPD et les Verts avaient posé des conditions pour voter le texte: un engagement en faveur de mesures de croissance et la mise sur les rails d'une taxe sur les transactions financières.

Les négociations avec le gouvernement ne sont pas encore bouclées. Mais le choix d'une date -le 29 juin au Bundestag puis au Bundesrat, en même temps que le vote sur le mécanisme permanent de stabilité MES- implique que d'un côté et de l'autre, on mise sur un accord. Il laisse aussi le temps à Mme Merkel de revenir ce même 29 juin d'un sommet européen très attendu à Bruxelles et d'en présenter les conclusions aux députés avant le vote.

"Nous avons fait un grand pas", a jugé le chef de file des députés conservateurs Volker Kauder. "Le calendrier sur lequel nous nous sommes mis d'accord garantit que le MES et le pacte budgétaire entrent en vigueur à temps", a-t-il ajouté, alors qu'un grand nombre d'autres pays dont la France n'ont pas encore ratifié le texte.

"Aujourd'hui nous avons jeté les bases pour que l'Allemagne puisse assumer sa responsabilité en Europe", a poursuivi M. Kauder, ne doutant pas de l'issue favorable du vote allemand.

Rattrapés par la Realpolitik Pourtant, mercredi encore, le chef du SPD, Sigmar Gabriel, déplorait l'absence de "propositions concrètes" sur la croissance.

L'autre revendication principale de la gauche, la taxe sur les transactions financières, était moins difficile à satisfaire: Berlin en est l'un des plus ardents défenseurs en Europe depuis plusieurs années.

Le SPD et les Verts vont vraisemblablement obtenir du gouvernement qu'il s'engage à lui faire voir le jour dans le cadre de la "coopération renforcée" qui nécessite la participation de seulement neuf des 27 Etats de l'UE.

Berlin pourrait lâcher du lest sur une autre demande qui tient particulièrement à coeur aux Verts, la mise en place d'un fonds d'amortissement de la dette, tel que le Parlement européen l'a présenté mercredi.

Au bout du compte pourtant l'impression demeure que les partis d'opposition ont cédé aux impératifs de la Realpolitik. "Il va se passer ce qui n'a jamais vraiment fait de doute: le SPD et les Verts vont soutenir le diktat d'austérité du pacte budgétaire", commentait désabusé le quotidien berlinois Taz (gauche radicale) jeudi.

Mais le SPD était pris en tenaille entre sa volonté de manifester son ancrage à gauche -- d'où le rapprochement ostentatoire avec Paris -- et sa fidélité à une chancelière aux idéaux européens finalement pas très éloignés des siens, et très estimée par ses compatriotes pour sa gestion de la crise.

Le parti ne pouvait pas courir le risque d'apparaître comme mettant en péril les intérêts de l'Allemagne pour des raisons de tactique politique.

Un voyage-éclair du triumvirat des dirigeants du SPD à Paris mercredi n'avait d'ailleurs pas suscité que des commentaires amènes, même au sein du parti.

Pourquoi les sociaux-démocrates allemands se jettent-ils "dans les bras de ceux (...) qui voient le salut de l'économie mondiale dans des programmes de conjoncture financés à crédit et une mutualisation des montagnes de dettes?", s'interrogeait ainsi le quotidien de centre-gauche Tagesspiegel.

© 2012 AFP
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