La Banque publique d'investissement destinée à financer les PME et entreprises innovantes verra le jour début 2013, mais Bercy reste pour l'instant flou sur le contour précis de ce projet phare de François Hollande, et sur sa valeur ajoutée par rapport aux dispositifs existants.
La Banque publique d'investissement destinée à financer les PME et entreprises innovantes verra le jour début 2013, mais Bercy reste pour l'instant flou sur le contour précis de ce projet phare de François Hollande, et sur sa valeur ajoutée par rapport aux dispositifs existants. - Eric Piermont afp.com

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La Banque publique d'investissement destinée à financer les PME et entreprises innovantes verra le jour début 2013, mais Bercy reste pour l'instant flou sur le contour précis de ce projet phare de François Hollande, et sur sa valeur ajoutée par rapport aux dispositifs existants.

La création de cette banque «répond à des enjeux très concrets et immédiats pour le financement de l'économie française et d'abord le financement des PME et des entreprises innovantes" dont "nous savons que dans notre pays il est fragile», a expliqué le ministre de l'Economie, Pierre Moscovici.

«Il y a des besoins de financement massifs», a-t-il ajouté.

Une mission de préfiguration rendra ses conclusions d'ici fin juillet afin que la banque soit opérationnelle début 2013, a-t-il précisé. Quant à la capitalisation de cet établissement financier, il n'a pas donné de détails précis, se contentant de dire qu'il ferait l'objet de discussions «en liaison avec l'Etat et les régions».

«Je pense notamment à Oseo et au FSI», a souligné le ministre en référence à la banque publique des petites et moyennes entreprises (PME) et au Fonds stratégique d'investissement, fonds public français qui prend des participations dans des entreprises innovantes ou stratégiques.

Interrogé sur ce qu'offrirait de nouveau cette banque par rapport aux entités existantes, Pierre. Moscovici a estimé nécessaire qu'elle «apporte une réponse plus simple au financement des entreprises au niveau des régions avec un guichet unique». Sur la fin de son mandat, en novembre, le président Nicolas Sarkozy avait annoncé la création d'un dispositif à guichet unique FSI-Régions qui associait le FSI à Oseo.

Le ministre de l'Economie a également promis «une approche plus stratégique» afin «d'identifier les secteurs qui sont ceux des investissements d'avenir dont notre pays a besoin». «Je n'ose pas croire que les gens d'Oseo ou du Fonds stratégique d'investissement ne le faisaient pas déjà», a commenté Eric Lamarque, professeur de finances à l'Université de Bordeaux.

Rapidité et accélération

«L'efficacité du dispositif par rapport à l'existant va pour moi rester à démontrer car ce n'est pas parce qu'on a créé ça qu'on va par miracle améliorer la situation financière des entreprises, la qualité de leurs projets», a-t-il estimé.

La nouvelle banque doit couvrir l'ensemble des instruments de financement, prêts et garanties d'un côté, prises de participation de l'autre et une holding en chapeautera les différentes entités, a précisé le ministre.

«Cette holding de tête doit faire les orientations stratégiques d'investissement dans les secteurs d'avenir et passera des accords avec les régions pour le développement du territoire», a expliqué Pierre Moscovici. «Elle va appuyer aussi les entreprises dans leurs projets en France comme à l'export pour qu'elles puissent trouver des réponses», a-t-il poursuivi.

Ce dernier point qui tient compte du cycle de vie de l'entreprise innovante dans sa totalité est jugé essentiel par le Comité Richelieu, association de PME innovantes, pour lequel s'il est associé à une grande rapidité d'exécution, fera de cette banque un outil véritablement nouveau.

«Ce couplage innovation-export est pour nous une nouveauté qui a énormément de sens», a déclaré à l'AFP son président, Philippe Berna.

«Un autre point fondamental pour nous c'est que les choses aillent vite», dit-il. Le nouveau dispositif devra être «significativement différent de ce qu'il y avait avant au travers de la vitesse d'exécution», a-t-il jugé. Pour lui une manière d'y parvenir serait d'introduire «un engagement de service» qui fixerait à la banque des délais d'instruction des dossiers.

Dans l'innovation rapidité et accélération sont clés: «si on est rapide on a gagné, si on est lent on laisse passer les trains et on reste sur le quai», dit-il.