Le gouvernement a annoncé jeudi avoir mis en place un plan spécial pour le week-end très chargé de la Toussaint afin d'améliorer l'approvisionnement des stations-service dont 85% étaient ouvertes dans le pays, selon un communiqué.
Le gouvernement a annoncé jeudi avoir mis en place un plan spécial pour le week-end très chargé de la Toussaint afin d'améliorer l'approvisionnement des stations-service dont 85% étaient ouvertes dans le pays, selon un communiqué. - Alain Jocard AFP

Bertrand de Volontat

«Le budget a augmenté, ce n’est pas un scoop», déclare d’entrée de jeu le président de l’Automobile club association Didier Bollecker. Le plein principalement a coûté cher en 2011 aux automobilistes français et le budget lié à la voiture s'est encore alourdi, du fait de l'envolée des prix à la pompe et du coût accru de l'entretien des véhicules. Toutefois «les Français continuent à plébisciter la voiture», affirme le président.

Moins de kilomètres pour  plus de dépenses en sans-plomb

«Le Français a beau être un tout petit rouleur par rapport à ses camarades européens, poursuit le président, son budget a augmenté plus vite que l’inflation». L'an dernier, le propriétaire d'une Renault Clio 3 essence en version cinq portes – le profil type de l’Association - a dépensé 5.976 euros sur l'année, soit 4% de plus qu'en 2010, bien qu'il ait parcouru 54km de moins.

Ainsi, sur 100 euros dépensés, près de la moitié va à l'amortissement de l'achat du véhicule, 13 euros au carburant, 12 euros à l'entretien, 10 euros à l'assurance, 9 euros au garage, 6 euros en frais financiers et 3 euros aux péages. Le prix d'achat de la Clio a peu bougé en quatre ans avec «les politiques de bonus, primes à la casse et remises exceptionnelles» et la prime d'assurance a connu une «augmentation maîtrisée», mais il en va autrement du carburant et de l'entretien.

«En deux ans, avec des parcours annuels inférieurs à ceux de 2009, le budget carburant de l'automobiliste-essence s'est accru de 22,6%», critique l'Automobile club. «L’automobiliste diminue son trajet pour rester à prix constant d’une année sur l’autre», constate le président.

Diesel ne rime plus avec bonne affaire

La situation est semblable pour les détenteurs d'une voiture diesel. Le budget annuel pour une Peugeot 308 HDI cinq portes a progressé de 2,5% à 7.654 euros. Là encore, 2011 a été «une année relativement calme dans les tarifs d'assurance (du fait de la baisse de l’accidentologie)», tandis que le prix d'achat a augmenté de 4,5%.

«Le prix du litre augmente huit fois plus que l’inflation», s’indigne l’Association. «Il a augmenté de 16,5% en passant, d'une année sur l'autre, de 1,15 euro à 1,34 euro». En roulant moins qu'en 2010, le conducteur a quand même déboursé 15,2% de plus (930 euros) pour 696 litres de gazole.

«C'est la deuxième année consécutive que le budget gazole s'emballe à ce point, alors que les parcours sont à la baisse», souligne l'étude. Il y a ainsi un véritable effet de rattrapage du diesel sur l’essence car le prix du véhicule diesel à l’achat reste plus élevé.

L’automobiliste, le premier contributeur fiscal de l’Etat

Un moyen de faire des économies est d'acheter d'occasion ou un véhicule low-cost comme ceux de la marque Dacia. «Avec 2.637 euros de budget annuel, la voiture d'occasion dépense cette année 56% de moins que la Clio neuve» tandis que «le propriétaire de voiture low-cost dépense 4.479 euros». Il y a toutefois un poste où rouler d'occasion ou dans une voiture à bas coûts ne permet pas de dépenser moins, c'est celui du carburant.

Deux perspectives positives sont à garder en tête: la réduction de la consommation des voitures avec la baisse des normes à moins de 5 litres/100 aux Etats-Unis et à moins de trois en France. Par ailleurs, les hybrides branchables amèneront la consommation à un 1 ou 2 litres/100.

En attendant les décisions du gouvernement Ayrault qui avec la baisse du pétrole brut le dernier mois n’a pas eu besoin de baisser la taxe sur le carburant, comme prévu lors de la campagne d’Hollande. Une chose est sûre pour l’Association, les taxes sont trop élevées. «L’automobiliste est le premier contributeur fiscal de France avec 60 milliards d’euros annuels». Trop pour un mode de transport qui représente huit déplacements sur dix. «Il y aura toujours des voitures», assure le président.