S&P voit au moins une chance sur trois que la Grèce sorte de l'euro

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Publié le 5 juin 2012.

ECONOMIE - Selon un rapport publié lundi où elle relativise toutefois les risques de contagion.

L'agence de notation financière Standard and Poor's voit "au moins une chance sur trois" que la Grèce sorte de la zone euro, selon un rapport publié lundi où elle relativise toutefois les risques de contagion.

"Nous pensons maintenant qu'il y a au moins une chance sur trois que la Grèce sorte de la zone euro", écrit S&P.

Mais l'agence ne considère "pas pour l'instant qu'un retrait grec aurait automatiquement de conséquences négatives permanentes sur les perspectives d'autres pays périphériques de rester membres de la zone euro".

Et "une sortie de la Grèce en elle-même ne provoquerait pas automatiquement de nouvelles actions de dégradation des notes souveraines ailleurs", ajoute-t-elle.

Pour S&P, il y a "une possibilité" que les élections législatives du 17 juin "conduisent à la formation d'un gouvernement fondamentalement opposé à la mise en oeuvre des conditions du programme" d'assainissement des finances imposé par l'UE et le FMI en échange de leur aide à Athènes.

Or elle relève que les partenaires européens de la Grèce sont de moins en moins enclins à tolérer "des déviations durables et significatives" vis-à-vis de ce programme.

Le ministre français des Finances, Pierre Moscovici, a ainsi estimé dimanche que la question d'une sortie de la Grèce de la zone euro "se posera sans doute" si Athènes revenait sur ses engagements d'austérité.

Son homologue allemand, Wolfgang Schäuble, a aussi indiqué que la Grèce ne pourrait rester dans l'euro que si elle respectait ses promesses envers ses partenaires.

Le retour à la monnaie nationale serait "probablement très coûteux pour la population grecque", prévient S&P.

Il "ne réglera durablement en lui-même aucun des problèmes fondamentaux de l'économie grecque", mais risque au contraire de provoquer des retraits bancaires massifs et de nombreuses faillites d'entreprises, alimentant in fine la contraction de l'activité et l'austérité budgétaire.

Mais "les difficultés dont souffrira la population grecque devraient dissuader les autres Etats membres de la suivre dans sa sortie de l'euro", note encore S&P.

Pour elle, cela pourrait même renforcer la volonté d'autres pays à poursuivre leur programme d'ajustement budgétaire, les gouvernements s'efforçant de démontrer que la Grèce est un cas spécial.

S&P n'exclut pas néanmoins de nouvelles pressions sur les pays périphériques de la zone euro, jugés plus fragiles, et prévient que "beaucoup dépendra de la réaction politique de l'Europe".

Si cette réponse est insuffisante pour stopper de manière crédible la contagion, il pourrait y avoir "des pressions à la baisse sur les notations souveraines" et ce "particulièrement, mais pas nécessairement seulement, dans la périphérie de la zone euro".

Une autre agence de notation, Fitch, avait déjà indiqué la semaine dernière s'attendre à "une réponse politique forte" des autorités européennes en cas de sortie de la Grèce et à un effet de contagion minimal.

Pour elle, c'est plus probable qu'un autre scénario, toutefois pas écarté, qui verrait une contagion importante aux pays périphériques entraînant une augmentation du soutien financier des pays plus solides, avec pour conséquence une possible dégradation des notes de l'ensemble des pays de l'union monétaire.

© 2012 AFP
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