Le ministère de l’économie, des finances et du commerce extérieur rue de Bercy dans le 12e arrondissement à Paris.
Le ministère de l’économie, des finances et du commerce extérieur rue de Bercy dans le 12e arrondissement à Paris. - A. GELEBART / 20 MINUTES

M.B.

Pour ramener les finances publiques à l'équilibre d'ici à 2016, l'Etat français doit réaliser cinq milliards d'économies par an. C’est ce que préconise un rapport de l'Inspection générale des finances dévoilé par lundi par Les Echos. Selon lui, «l'examen attentif des dépenses d'intervention ne peut plus être différé».

Non-remplacement de deux fonctionnaires sur trois

Commandé par l'ex-Premier ministre François Fillon et non publié jusqu'ici, il préconise notamment une baisse des effectifs de l'Etat, qui en 2012 vont coûter 82 milliards, et la poursuite du non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux. Le rapport plaide même, au passage, pour le «deux pour trois», avec en bout de ligne une économie de 900 millions d’euros par an. Autre levier, le gel des salaires, qui permettrait de sauver 510 millions d’euros ainsi notamment qu’une réduction des primes de 5% des agents de catégorie A et B permettant de sauver 640 millions. Sans oublier le gel des évolutions individuelles de carrière constituées par l’avancement d'échelons et de grades. Gain estimé: 1,2 milliard d’euros par an.

Et tout le monde serait mis à contribution. Le gel des pensions des agents rapporterait 700 millions d’euros par an. Les dépenses de fonctionnements sont aussi visées. Un coup de rabot de 2,5% par an permettrait d’économiser 800 millions d’euros par an. «Mais cela nécessiterait la mise en œuvre de réformes structurelles de grande ampleur», relève le quotidien.

L’aide ou logement visée

Des économies inévitables et appliquées à l’ensemble de la population sont également au programme. Les diverses prestations et subventions comme l’aide au logement et aux anciens combattants ou l’hébergement d’urgence progressent de 2,9% par an pour atteindre aujourd’hui 57 milliards d’euros. Le rapport estime qu’elle devrait diminuer de 2% par an. 600 millions d’euros pourraient ainsi être économisés en désindexant les prestations, c'est-à-dire qu’elles ne seraient plus revalorisées en fonction de l’inflation. Un «outil relativement puissant, tout en limitant l'impact sur les bénéficiaires», selon le rapport.

Cure d’austérité toujours pour les établissements de l’Etat comme Pôle emploi, Météo France, les universités… qui touchent 25 milliards d’euros de subventions par an. Le rapport estime que 700 millions d’économies annuelles sont possibles notamment en réduisant de 2,5% les dépenses de fonctionnement.

L’armée pas épargnée

L’armée aussi ne serait pas épargnée. En effet, l’Etat y consacre les trois quarts de son budget d’investissement, soit 9,3 milliards d’euros par an. L’idée serait de stabiliser ses dépenses en valeur absolue. Une décision qui nécessiterait une réflexion sur «la stratégie et le format des armées.

Reste à voir si ces différentes pistes du rapport seront appliquées. En effet, le coût social et surtout politique risque d’être très élevé. En même temps, le ministre de l'Economie et des Finances, Pierre Moscovici, a déclaré dimanche que la France devait lutter en Europe contre «un déficit de crédibilité budgétaire». Le gouvernement s’est engagé à ramener le déficit budgétaire à 3% en 2013, contre 4,5% en 2012, avant d’atteindre l’équilibre en 2017.