L'ancien trader de la Société générale Jérôme Kerviel (à dr.) et son conseil, Me David Koubbi.
L'ancien trader de la Société générale Jérôme Kerviel (à dr.) et son conseil, Me David Koubbi. - PRM / SIPA

claire planchard

Même affaire, mais nouveau scénario. Un an et demi après sa condamnation pour une perte record de 4,9 milliards d'euros, l'ancien trader de la Société générale, Jérôme Kerviel, se présente devant les juges avec un nouvel avocat. Il avait été reconnu coupable en 2010 d'abus de confiance, faux et usage de faux et introduction frauduleuse de données dans le système informatique de la banque. Et condamné à cinq ans de prison, dont trois ferme, et à des dommages et intérêts de 4,9 milliards d'euros. Avec son salaire de consultant informatique, il lui faudrait 177 000 ans pour rembourser. Jérôme Kerviel est pour l'instant libre. Depuis la désignation de son nouvel avocat, le médiatique David Koubbi, connu notamment pour avoir défendu Tristane Banon face à DSK, sa contre-attaque s'organise.

Plainte et contre-plainte
La ligne de défense reste la même. Me Koubbi va plaider la relaxe et tenter de démontrer que la Société générale « savait ». L'offensive a été lancée en avril : Kerviel a annoncé avoir porté plainte contre la banque pour « escroquerie au jugement et faux ». Son avocat a évoqué des « enregistrements réalisés à l'insu de M. Kerviel » en janvier 2008 dans les locaux de la Société générale, et avancé que les bandes avaient été « trafiquées » et qu'il manquait « six heures de conversation sur les douze ». Me Koubbi reproche aussi à la banque d'avoir dissimulé qu'elle avait bénéficié d'une déduction fiscale de près de 1,7 milliard d'euros en dédommagement de l'épisode. Selon Me Koubbi et certains experts comptables, l'établissement n'aurait pas dû en bénéficier, puisque ses systèmes de contrôle s'étaient révélés défaillants. A la suite de ces plaintes, la banque a annoncé avoir engagé une procédure contre l'ex-trader pour « dénonciation calomnieuses ». Ce qui a conduit le parquet de Paris à ouvrir des enquêtes pour vérifier les déclarations des deux parties. Ce deuxième procès devrait se tenir jusqu'au 28 juin.