L'Espagne et ses régions lancent un message de confiance aux marchés

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Publié le 1 juin 2012.

ECONOMIE - Au terme d'une semaine de tension extrême...

L'Espagne a profité vendredi des bons chiffres de ses régions, qui ont atteint l'équilibre budgétaire au premier trimestre, pour "lancer un message de confiance" sur sa solvabilité, terme d'une semaine de tension extrême sur les marchés.

Emblèmes de la diversité culturelle du pays, les 17 régions espagnoles, qui jouissent d'une grande autonomie, sont synonymes, aux yeux des investisseurs, de manque de rigueur budgétaire.

L'agence Fitch a encore dégradé jeudi les notes de huit d'entre elles, dont Madrid et la Catalogne, quinze jours après une décision similaire de Moody's concernant quatre régions, dont la Catalogne et l'Andalousie.

Difficile d'oublier, en effet, que les régions ont été responsables en 2011 des deux tiers du dérapage budgétaire de l'Espagne: ayant bien profité, pendant des années, de la bulle immobilière, elles n'ont pas su freiner à temps leurs dépenses quand elle a éclaté en 2008, trompées aussi par des prévisions de recettes, émises par l'Etat, exagérément optimistes.

Le pays a enregistré un déficit de 8,9% du PIB au lieu des 6% promis et les régions, qui devaient atteindre 1,3%, ont cumulé un déficit de 2,94%.

C'est donc avec une certaine fierté que le ministre du Budget, Cristobal Montoro, a présenté les déficits de chaque région au premier trimestre: "la somme est zéro", s'est-il réjoui.

L'occasion de "lancer un message de confiance, de sécurité sur la solvabilité de l'Espagne comme pays", a-t-il ajouté, assurant que "la solution" aux turbulences actuelles des marchés "s'appelle 'euro' et s'appelle 'Union européenne'".

"Depuis le début de l'année, il y a d'importants transferts (d'argent) de l'Etat vers les régions" pour leur permettre d'assumer leurs lourdes compétences (santé et éducation), a-t-il indiqué, admettant que, sinon, les régions seraient en déficit de 0,45%.

Autrefois peu regardant sur leurs finances, l'Etat avait menacé, cette fois, de prendre en main le budget de celles qui ne respecteraient pas la trajectoire fixée.

M. Montoro a également confirmé que le gouvernement approuverait "bientôt, la semaine prochaine j'espère", "un instrument financier de soutien à la liquidité des régions" pour les aider à se financer.

Le ministère de l'Economie avait annoncé qu'un tel mécanisme, qui consiste en la mutualisation des émissions de dette des régions sous forme d'"hispanobons", serait approuvé ce vendredi.

"L'objectif c'est de réduire la pression sur les régions, qui est souvent plus forte que sur l'Etat en général", expliquait la porte-parole du ministère: "il y a même des régions qui ne peuvent pas aller sur le marché" pour emprunter.

Fitch a elle aussi évoqué, jeudi, "les difficultés d'accès au financement à long terme" pour les régions.

Ces dernières affrontent en 2012 des échéances de dette pour près de 36 milliards, auxquels il faut ajouter, selon les médias espagnols, 15 à 16 milliards pour financer leurs déficits.

Avec les "hispanobons", ce sera la deuxième fois que le gouvernement vole au secours des régions, après avoir déjà dû, mi-mai, souscrire un prêt de 30 milliards pour aider les collectivités locales à payer leurs fournisseurs.

Mais "au final, l'argent sort de la même caisse, donc cela va se financer très cher" en raison de la tension des marchés, note Javier Santoma, professeur à l'IESE Business School de Madrid.

"Au fond, ils (l'Etat et les régions, ndlr) feront appel, plus ou moins, au même groupe d'investisseurs, mais avec plus de dette à placer, donc ils auront moins de capacité de négociation", estime-t-il, même s'il admet que "c'est une manière d'ordonner le processus, de clarifier qui prête et qui paie".

Cela augmentera les besoins de financement pour le gouvernement central, souligne Royal Bank of Scotland dans une note, citée par l'agence Dow Jones Newswires, et "ne fera qu'augmenter la probabilité que l'Espagne ait besoin bientôt d'assistance" extérieure.

Madrid a encore démenti jeudi toute demande de plan de sauvetage, confortée par le FMI qui a assuré n'avoir aucun projet en ce sens.

© 2012 AFP
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