La relance de l'embauche pourrait ne pas avoir lieu en 2012
La relance de l'embauche pourrait ne pas avoir lieu en 2012 - JAUBERT / SIPA

Bertrand de Volontat

Le mois d’avril a conclu une année de hausse du chômage et bouclé le quinquennat Sarkozy sur une énième poussée, annoncée ce mercredi, aussi faible soit-elle (0,1%). François Hollande, à l’heure de la campagne, avait annoncé des mesures phares pour l’emploi: contrat d’avenir, contrat de génération. Seront-ils, s’ils sont mis en vigueur, efficaces dans la situation économique actuelle? Eric Heyer y répond.

La hausse du chômage sera-t-elle derrière nous en mai?

Le problème du chômage est bien compris. Il ne faut pas créer un, mais 150.000 emplois par an – le nombre d’entrants net sur le marché – pour endiguer cette spirale négative. «Pour cela, la France a besoin d’une croissance d’1,7%. Or, l’Hexagone en est loin: 0,5% au mieux en 2012, 1% en 2013.

Dans cette situation, il faut davantage de croissance, basée sur le rôle joué et la volonté affichée du président de la République lorsqu’il se rend à Bruxelles. Le problème du chômage se règle au niveau européen mais au mieux la situation n’évoluera pas avant un an.

Dans l’immédiat, les propositions d’Hollande peuvent-elles limiter la destruction d’emplois?

Sur le court terme, la France a besoin de mesures spécifiques en ces temps de croissance faible. Soit elle a recours à la baisse du temps de travail et au chômage partiel, comme l’avait fait l’Allemagne pour protéger 1,5 million de salariés - le gouvernement actuel ne semble pas aller dans ce sens. Soit la France se tourne vers les emplois aidés par la fonction publique. Il s’agit là d’une proposition du candidat Hollande. Le contrat d’avenir qui toucherait 150.000 personnes, exactement le nombre clé. Pour rappel, la mesure propose des emplois d’avenir pour les jeunes, en particulier ceux issus des quartiers difficiles.

Le contrat de génération d’Hollande pose en revanche problème car il est du ressort des entreprises. Il y a un risque d’effet d’aubaine en basse conjoncture. Les entreprises auront du mal, malgré les aides promises, à embaucher en période de destruction d’emplois.

Quelle est la solution pour retourner vers les embauches?

Le problème est revenu à un souci de demande qui pour être relancée, doit être prise d’un point de vue européen. Or les plans trop austères empêchent la croissance de porter la relance de l’emploi. Il faut donc soit des politiques coordonnées – rigueur chez l’un, relance chez l’autre – soit des écarts de taux d’intérêts – le spread – plus réduits. Les taux d’intérêts élevés alourdissent l’endettement et cassent la croissance – à hauteur de 3% par an -, contagieuse avec les pays voisins, tels que la France. Les eurobonds ou la monétisation de la dette sont risqués mais il n’y a pas de solution parfaite.

Enfin, comme aucun pays ne pourra respecter ses engagements mais veut maintenir ses objectifs coûte que coûte, la zone euro va au-devant de nouveaux plans de rigueur ayant parmi ses conséquences la hausse du chômage.