La croissance économique de l'Inde perd des couleurs

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Publié le 31 mai 2012.

CONJONCTURE - Les statistiques du dernier trimestre 2011-12 sont loin des attentes des économistes...

La croissance de l'Inde a sévèrement ralenti au dernier trimestre 2011-12, progressant de 5,3% sur un an, affectée par une économie mondiale en berne et une politique monétaire agressive, selon des données publiées jeudi qui sont les plus faibles depuis près de dix ans.

Alors que les analystes s'attendaient à une progression de janvier à mars de 6,1%, les chiffres du gouvernement ont créé le choc: il s'agit de la plus faible croissance trimestrielle depuis 2002-2003.

Pour l'ensemble de l'exercice, la croissance a décéléré à 6,5%, là encore un chiffre plus mauvais que prévu par le pouvoir, qui tablait sur une progression annuelle de 6,9%. L'Inde avait enregistré en 2010-2011 une augmentation de 8,4% de son Produit intérieur brut (PIB).

Même s'ils paraissent mirobolants au vu de l'anémique croissance dans les pays développés, ces chiffres risquent d'accentuer le sentiment de morosité dans un pays émergent qui jouissait ces dernières années d'un taux proche de 9% et visait il y a encore peu le seuil symbolique de 10% pour aider à sortir de la pauvreté des millions d'Indiens.

La production du secteur industriel s'est contractée de 0,3% au dernier trimestre, tandis que celles des secteurs agricole, de la construction et des mines n'ont progressé que modestement.

"Nous traversons une période difficile au niveau mondial. Les chiffres de la croissance ont été affectés pour cette raison", a commenté sur la chaîne NDTV Rajesh Chakrabarti, professeur de finances à l'Ecole indienne de commerce, reconnaissant toutefois que les données étaient "extrêmement décevantes".

Avant même la publication des statistiques officielles, Dariusz Kowalczyk, économiste au Crédit Agricole, évoquait "le pessimisme extrême" concernant les perspectives économiques de l'Inde.

"Les fondamentaux sont faibles en raison d'une croissance ralentie, d'une inflation élevée et du ratio le plus élevé en Asie entre le déficit public et le Produit intérieur brut", a-t-il décrypté.

Au troisième trimestre déjà, l'Inde avait enregistré son plus faible rythme de croissance depuis trois ans, à 6,1% sur un an, reflet de l'impact de la politique de la banque centrale et de la stagnation de l'économie mondiale.

A l'annonce de ces chiffres, la Bourse de Bombay a dévissé de 1,38% à 16.086,06 points, affectant surtout les valeurs automobiles et bancaires.

Les échanges étaient aussi ralentis jeudi en raison de l'appel à une grève générale lancée par l'opposition pour protester contre la hausse des prix des carburants à la pompe.

La publication de ces indicateurs fragilise un peu plus le gouvernement de centre-gauche de Manmohan Singh, confronté à une forte inflation (de l'ordre de 7%) en dépit de la politique de la Reserve Bank of India et au mécontentement de la population face à la hausse des prix à la pompe.

Lors de la présentation du budget 2012/13 en mars dernier, le ministre des Finances, Pranab Mukherjee, a toutefois dit espérer le retour à une croissance "solide", de l'ordre de 7,6%, pour l'exercice en cours entamé le 1er avril.

Mais le Premier ministre a reconnu la semaine dernière que son administration "doit mieux faire" pour remettre la croissance du pays sur les rails.

Le secrétaire général de la Fédération indienne des chambres de commerce et d'industrie (FICCI), Rajiv Kumar, a d'ailleurs plaidé pour "des mesures urgentes et courageuses pour empêcher l'économie de plonger dans une crise totale".

Autre géant asiatique et locomotive de l'économie mondiale depuis la crise financière, la Chine voit aussi son modèle de croissance s'essoufler, dans une moindre mesure.

Le rival économique de l'Inde a enregistré une croissance de son produit intérieur brut (PIB) de 9,2% en 2011 après 10,4% en 2010 et au premier trimestre 2012, la croissance a ralenti à 8,1%.

© 2012 AFP
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