L'Etat ne va agir que sur les salaires d'une poignée de grands patrons

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Publié le 31 mai 2012.

REMUNERATION - Seuls les patrons des six groupes contrôlés majoritairement par l'Etat seraient concernés...

La limitation des salaires de grands patrons, une des mesures phare du nouveau gouvernement, risque d'avoir une portée très limitée et avant tout symbolique, en se bornant à quelques patrons de groupes détenus à plus de moitié par l'Etat.

"Partout où l'Etat est majoritaire, il imposera notre politique, c'est-à-dire une politique de limitation de l'échelle salariale. Là où il est minoritaire, il cherchera à convaincre", a déclaré jeudi le ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg, à l'issue du Conseil des ministres.

Une force de conviction pour l'instant sans effet sur la prime qu'Air France a versé à son ancien directeur général Pierre-Henri Gourgeon, et contre laquelle M. Montebourg s'est élevée mercredi.

Quant aux patrons de groupes contrôlés majoritairement par l'Etat, ils ne sont que six: ceux d'Aéroports de Paris (ADP), Areva, La Poste, la Française des Jeux, SNCF et surtout EDF, dont le patron Henri Proglio était déjà dit sur la sellette avant l'élection présidentielle.

Parmi les patrons directement concernés figurent, outre Henri Proglio, dont le salaire dépasse le million d'euros annuel, Luc Oursel d'Areva, Jean-Paul Bailly de La Poste et Pierre Graff d'ADP. Le salaire du président de la SNCF, Guillaume Pepy, serait déjà en dessous de la limite, selon une source proche du dossier.

Le ministre des Finances Pierre Moscovici a indiqué mercredi que la réduction des écarts de salaires dans la fonction publique, et donc la réduction de la rémunération des PDG d'entreprises publiques, serait examinée en Conseil des ministres "dans quinze jours".

Promise par François Hollande lors de la campagne présidentielle, cette mesure vise à limiter les écarts de rémunération de 1 à 20, entre le plus bas salaire et le plus élevé, et ce dès les contrats en cours.

Des contours encore imprécis

Les contours restent encore imprécis: est-ce que les rémunérations fixes et variables seront concernées ? Est-ce que tous les membres de la direction seront visés ? Par exemple, chez EDF ou à La Poste, des hauts responsables peuvent gagner plus que leurs patrons.

Dans les conseils d'administration mixtes (Etat et privé), à l'instar de ceux de GDF Suez, Renault, EADS ou Air France-KLM, tout sera histoire de négociations. Mais l'image des patrons qui refuseraient de faire un effort, risquerait d'en être pas mal écornée.

"Je crois au patriotisme des dirigeants, qui peuvent comprendre que la crise suppose l'exemplarité des élites politiques et économiques", a déclaré le Premier ministre Jean-Marc Ayrault cette semaine, dans une interview à l'Express.fr

"Si le cadre change, nous appliquerons les décisions de l'Etat actionnaire", a déclaré aux Echos, Luc Oursel, dont la rémunération de près de 680.000 euros serait plus de 30 fois supérieur à celle du plus bas salaire du groupe.

"Sur ce sujet comme sur les autres La Poste est et sera toujours en conformité avec la loi", assure-t-on également à La Poste.

ADP se considère "plutôt (comme) un bon élève" avec un rapport de 1 à 22,6 entre le salaire le plus bas et celui de Pierre Graff. Ce rapport serait en revanche de 1 à presque 80 chez EDF et 1 à près de 35 à La Poste, selon les salaires minimums communiqués par les syndicats.

"Il ne faut pas pleurer, mais je reconnais que c'est raide pour certains", a réagi le président exécutif sortant du groupe européen d'aéronautique et de défense EADS, Louis Gallois.

© 2012 AFP
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