Immobilier: Prudence avant d’investir au Maghreb

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Publié le 25 mai 2012.

ECONOMIE - Maroc et Tunisie recèlent d’opportunités, mais mieux vaut être vigilant pour éviter toute déconvenue...

Soleil, mer, désert résidence privée, vaste villa avec piscine, riad… Le tout à environ trois heures de vol de l’Hexagone. Une situation a priori idéale qui incite de plus en plus de Français à acheter un bien immobilier au Maroc ou en Tunisie, notamment. Pour preuve, plus de 44.000 Français résident à l’année dans le royaume chérifien, sans compter les 40.000 qui y vivent une partie de l’année. En Tunisie, la communauté française est estimée à 30.000 personnes.

Attention à la localisation

Signe de l’engouement pour ces destinations, la neuvième édition du salon de l’immobilier marocain se tenait à Paris jusqu’au 20 mai et son équivalent tunisien a ouvert ses portes ce vendredi et ce jusqu’au 28 mai. Mais prudence avant de passer à l’achat. «Sous prétexte de l’étiquette Maroc, on refourgue parfois n’importe quoi, avertit Olivier Collin, conseiller en gestion de patrimoine au sein du cabinet Perspectives, avec des biens situés au milieu de nulle part, où il sera difficile de revendre». Sans compter le temps de transport à rajouter depuis l’aéroport. D’où l’importance d’être vigilent quant à la localisation. La question du prix est également déterminante. Dans des villes comme Rabat, un écart de un à trois n’est pas rare selon que l’acheteur soit local ou européen. Dans une ville comme Marrakech, «on surpaie neuf fois sur dix», signale Olivier Collin. En manque d’exotisme, certains particuliers manquent également de discernement.

D’autant que ces marchés sont encore relativement jeunes avec surtout des primo-accédants. Difficile de savoir dans quelles conditions les maisons ou les appartements pourront être revendus. Dans ce contexte, il n’est pas aisé de savoir si le prix payé à l’achat n’est pas surestimé. Le risque est d’être perdant à la revente. Les acheteurs ont donc tout intérêt à se concentrer sur des zones géographiques matures, des marchés dits travaillés, où les achats et les ventes de biens sont fluides.

Vérifier la solvabilité du promoteur

Lors du printemps arabe, selon Olivier Collin, plusieurs investisseurs désireux de partir ont dû plus ou moins brader leur bien pour se retirer. D’autres ont eu plus de malchance. Depuis sept ans, 2.000 propriétaires d’une opération immobilière baptisée les Jardins de la Moulouya à Saïdia, une station balnéaire au nord du Maroc, attendent toujours leur appartement. En faillite, le promoteur n’a eu le temps de livrer le tiers des 3.000 logements prévus à l’origine. D’où l’importance de se renseigner sur la solvabilité du promoteur.

En dehors de ces mises en garde, le Maroc ou la Tunisie recèlent de véritables opportunités immobilières, d’autant que les prix sont bien moins élevés que dans l’Hexagone. Pour acheter dans ces pays dans de bonnes conditions, prendre un juriste ne sera pas de trop. Au Maroc, la réglementation sur le transfert de propriété est complexe. En Tunisie, il faut s’assurer notamment que le bien soit immatriculé et n’ait pas de vocation agricole. De plus, un Français non-résident est obligatoirement soumis à une autorisation de la Banque centrale tout comme celle signée par le Gouverneur, dont le délai d’obtention est d’au moins un an.

M.B.
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