La plateforme boursière Nasdaq était également visée par des plaintes en nom collectif comme celle de Phillips Goldberg, un investisseur du Maryland (est), pour ne pas avoir été en mesure de traiter en temps et en heure les ordres boursiers massifs pendant la première journée de cotation de Facebook.
La plateforme boursière Nasdaq était également visée par des plaintes en nom collectif comme celle de Phillips Goldberg, un investisseur du Maryland (est), pour ne pas avoir été en mesure de traiter en temps et en heure les ordres boursiers massifs pendant la première journée de cotation de Facebook. - Spencer Platt afp.com

B. de V. avec AFP

Le directeur financier de Facebook a fait cavalier seul lorsqu'il a décidé d'émettre 25% plus d'actions pour l'entrée en Bourse du champion des réseaux sociaux, une initiative qui pourrait expliquer le fiasco de l'opération, rapporte mercredi la presse américaine.

Un plantage boursier dès lors inévitable

David Ebersman, 41 ans, a gardé «une forte emprise» sur toutes les décisions importantes prises lors du processus, «ne consultant pas ses banquiers comme le font beaucoup de sociétés», a écrit le Wall Street Journal sur son site internet.

La décision du «CFO» (Chief Financial Officer) d'augmenter le nombre de titres pourrait avoir «condamné» à l'échec l'entrée en Bourse du site communautaire, a affirmé le journal, disant avoir interviewé plus d'une douzaine de personnes impliquées dans le processus.

Lancé en Bourse vendredi à 38,00 dollars, le titre «FB» a perdu près de 20% sur les trois premières séances de cotation, même s'il a regagné 3,23% à 32,00 dollars mercredi.

Un travail en collaboration avec Morgan Stanley

Selon le WSJ, Ebersman avait pour «principal confident» le co-directeur des opérations bancaires liées au domaine technologique de Morgan Stanley, Michael Grimes. Le quotidien financier explique que ce dernier l'avait assuré que la demande en actions Facebook était forte... ce qui n'a finalement pas été le cas.

«Cette IPO a été le travail d'Ebersman et de Grimes», a ainsi souligné une personne proche du dossier.

Morgan Stanley, en tête des banques organisatrices, s'était défendue mardi d'avoir averti seulement certains gros actionnaires de l'abaissement des prévisions de résultats du site aux 900 millions d'utilisateurs. Elle avait affirmé avoir respecté toutes les procédures habituelles et légales.

Le Sénat américain à l'affût

Face à la déception suscitée par cette entrée en Bourse très attendue, les plaintes en nom collectif d'actionnaires mécontents se sont multipliées mercredi, visant à la fois le réseau communautaire, ses banques et la plateforme boursière Nasdaq. La Commission bancaire du Sénat américain a annoncé de son côté qu'elle allait ouvrir une enquête informelle sur l'affaire.