Hadopi: Le monde du disque ne veut pas renoncer aux sanctions

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Publié le 23 mai 2012.

TELECHARGEMENT - Si la nomination de Pierre Lescure à la tête de la commission de concertation sur l'Hadopi rassure les professionnels du disque, ces derniers militeront pour conserver un volet sanctions...

 «Un bon signe». C’est en ces termes que les professionnels de l’industrie du disque ont qualifié la nomination de Pierre Lescure, ancien patron de Canal+, à la tête de la commission de concertation sur l'Hadopi (Haute autorité de lutte contre le téléchargement illégal). «Pierre Lescure est un homme indépendant et compétent, cette nomination est rassurante», estime David El Sayegh, directeur général du Syndicat national de l’édition phonographique (Snep).

Pierre Lescure dispose de six mois pour rencontrer l'ensemble des acteurs du secteur, professionnels et usagers. «Nous voulons aborder cette concertation sereinement, mais nous ne sommes pour l’heure ni tranquilles, ni confiants. Cette concertation est la remise en cause d’un acquis important pour nous», assure David El Sayegh.

La diffusion numérique progresse de 24%

Car aux yeux du Snep, le système fonctionne. En dix-huit mois d’action, Hadopi a entraîné l’envoi d’un million de premiers mails d’avertissement. 80% de ces internautes disparaissent ensuite des écrans radars de l’Hadopi. A l’issue des deuxièmes et troisièmes mails d’avertissement, ces taux montent même à respectivement 92% et 98%. Dans le même temps, le nombre d’internautes usagers de services «peer to peer» est passé de 5,7 millions en octobre 2010 à 3,1 millions en février 2012.

Ce que la profession n’estime pas neutre, à l’heure où le numérique est clairement la locomotive de son secteur. Au premier trimestre 2012, cette industrie du disque a réalisé un chiffre d’affaires de 115,7 millions d’euros, en recul de 5% par rapport à la même période 2011. Mais avec une réalité contrastée: alors que le physique enregistre un recul de 13% pour s’établir à 83,1 millions d’euros, le numérique progresse de 24%, à 32,6 millions d’euros. Surtout tiré par les deux locomotives que sont le téléchargement à l’acte (+28%) et l’abonnement (+46%). En revanche, les sonneries téléphoniques chutent (-31%).

«L’absence de diversité nous tue»

Si les professionnels constatent l’efficacité du volet prévention d’Hadopi, ils veulent maintenir les sanctions. Mais sont prêts à lâcher du lest sur l’aspect pénal et la suspension d’accès à Internet. «Si la sanction s’arrête à une amende dissuasive, cela nous convient parfaitement. Et nous sommes très favorables au maintien de la prévention et de la réponse graduée», détaille Denis Ladegaillerie, président du Snep, et également du label Believe Digital, qui insiste: «Mais j’espère qu’il n’y aura pas d’arrêt d’Hadopi pendant la concertation, cela enverrait un signal très négatif aux internautes.»

Autre sujet de préoccupation de l’industrie du disque: l’absence de diversité dans les diffusions radiophoniques. Notamment la faible exposition des titres francophones, a fortiori sur les radios jeunes, du type Fun Radio, Virgin ou encore NRJ.

A l’heure actuelle, moins de 7% des titres envoyés par les éditeurs aux radios représentent 75% des diffusions. «Cette absence de diversité nous tue autant que la piraterie», martèle David El Sayegh. Et de conclure: «L’attribution des fréquences est gratuite en France, c’est un joli cadeau qui doit s’accompagner de devoirs et pas seulement de droits. Il faut trouver les moyens d’inciter les radios à diffuser des titres plus différents. Nous n’avons pas été entendus sur ce point par les pouvoirs publics jusqu’à présent, nous espérons que cela va changer.»

Céline Boff
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