Sommet européen: Dîner test pour le couple Hollande-Merkel

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Publié le 23 mai 2012.

SOMMET - Quelle direction va prendre le couple franco-allemand, qui vient de changer de visage avec l'élection de François Hollande?...

Le 18e sommet depuis le début de la crise de la dette de la zone euro aura un goût salé: il est le premier rendez-vous européen de François Hollande qui va pouvoir apprécier de la teneur de sa relation avec Angela Merkel. En fonds, la situation grecque n’a jamais été aussi proche d’exploser. Malgré les scénarios catastrophes évoqués quotidiennement, le dîner de ce mercredi soir a toute les chances d’accoucher à nouveau d’une souris. Et de se focaliser uniquement sur cette relation franco-allemande.

Pourtant, les sujets abordés durant le dîner bruxellois sont lourds: crises grecque et espagnole, euro-obligations, croissance, BEI, fonds structurels... Un menu qui pourrait facilement tourner à l’indigestion.

Un compromis… en faveur d’Hollande

Les  sujets de stratégie de croissance et d’euro-bond seront sensibles (à lire en détails par ici). En ce qui concerne les euro-bonds, il s’agira du sujet clé de ce dîner. Hollande y est favorable (dette mutualisée autour des 17 pays de la zone) afin de diminuer les taux d’emprunt de la Grèce et de l’Espagne. Merkel en revanche s’y oppose car ils augmenteraient logiquement les coûts pour les pays plus riches, dont la situation n’est pas non plus idéale. Le nouveau président français, soutenu par la majorité des Membres, notamment le chancelier autrichien, semble avoir l’avantage sur ce sujet sur lequel Merkel s’est toujours montrée sur la défensive, à l’instar des Pays-Bas et de Mario Draghi, le président de la Banque centrale européenne. Cette émission de dette commune devra s’accompagner toutefois d’une discipline budgétaire avant d’être réalisée d’ici deux à trois ans. Des conditions qui parviendront peut-être à satisfaire la chancelière allemande?

Les deux pays sont au moins d’accord sur le fait de garder la Grèce dans la zone euro, quel que soit le scénario. Les mesures pour y arriver diffèrent. Hollande préfère une stratégie de croissance, et le fameux volet dans le pacte budgétaire, à une politique d’austérité et de rigueur budgétaire voulue par Merkel. Le dîner de mercredi soir constitue toutefois un tournant puisqu’il s’agit du premier sommet où la croissance sera abordée mais les deux problématiques pourraient être associées pour mieux soutenir la zone euro. Une seconde victoire pour Hollande qui contrariera Merkel à coup sûr bien qu’il ne veuille en aucun cas «isoler la chancelière», comme l’explique Najat Vallaud-Belkacem, la porte-parole du gouvernement.

Une entente de façade à renforcer par étapes

Angela Merkel prévenait en tout cas la semaine dernière: «Il est très important que l’Allemagne et la France présentent ensemble leurs idées au Conseil de juin (28-29 juin). Nous avons discuté des modalités de cette coopération». La rencontre Hollande-Merkel du 16 mai avait en effet été placée sous le signe du consensus. La situation est aujourd’hui légèrement différente, en présence des 25 autres dirigeants.

Hollande, fraîchement élu et à l’orée des élections législatives, ne devrait pas prendre de risque, qu’il s’agisse d’une discorde avec Angela Merkel ou bien de décevoir ses partisans. La chancelière, dans une position délicate après les dernières élections et en prévision de sa réélection, devra également peser ses mots.

Les sujets qui rassemblent, comme la crise grecque, la situation des banques espagnoles, l’augmentation des fonds de la banque européenne d’investissement (BEI), les obligations de projet, les fonds structurels et la taxe sur les transactions financières, seront également abordés. (A découvrir en détails par ici) Autant d’initiatives de relance de la croissance qui pourraient avoir une issue positive rapidement.

Un couple en gestation

Le couple, qui ne deviendra pas «merkhollande» en un souper, ne devrait pas faire primer animosité sur gravité de la situation. Comme le rappelle Herman Van Rompuy, président du Conseil européen, il est sûrement trop tôt pour que chacun avance ses pions et pour que les observateurs s’attendent à un coup d’éclat d’une partie ou de l’autre. Un énième sommet de la dernière chance? Rendez-vous fin juin donc.

 

 

Bertrand de Volontat
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