La France s'ouvre aux drones civils, un nouveau marché prometteur

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Publié le 11 mai 2012.

AVIATION - Une nouvelle réglementation doit permettre l'utilisation de vrais drones de travail...

La France a adopté une des toutes premières réglementations au monde sur l'utilisation des drones civils dans l'espace aérien, ouvrant un secteur prometteur à l'industrie aéronautique.

Jusqu'ici essentiellement cantonnés dans les missions militaires et de sécurité, les avions et hélicoptères sans pilote sont prêts à être utilisés dans l'agriculture, l'audiovisuel, l'inspection des barrages, ou la lutte anti-incendie.

Après des années de travail, la Direction générale de l'aviation civile (DGAC) a transformé une réglementation désuète destinée à l'aéromodélisme pour permettre l'utilisation de vrais drones de travail.

Deux nouveaux arrêtés promulgués jeudi cherchent "un juste équilibre entre les conditions favorables à l'essor d'une activité prometteuse et la préservation du niveau de sécurité garanti aux autres usagers", a expliqué la DGAC.

La réglementation reste restrictive. Ainsi, tous les pilotes de drones doivent suivre une formation. Et le seul scénario qui n'exige pas d'autorisation préalable suppose que l'engin évolue en dehors des zones peuplées, qu'il ne s'éloigne pas de plus de 100 mètres du pilote qui doit pouvoir le suivre à l'oeil nu.

Cela permet par exemple à des microdrones (2 à 4 kilos) de survoler un champ pour évaluer la sécheresse des sols ou rechercher de personnes ensevelies dans les avalanches, souligne Claude Le Tallec, expert en aviation automatisée à l'Onera, le centre français de recherche aérospatiale.

"Avant il y avait une sorte de vide juridique", explique-t-il. Il était interdit d'utiliser un drone, même si beaucoup le faisaient, et pratiquement impossible d'en assurer un.

"La France est un des premiers pays au monde à se doter un tel cadre", dit-il. Même aux Etats-Unis, selon lui l'administration fédérale de l'aviation (FAA) a du mal à délivrer les autorisations qu'on lui réclame, parce que les règles n'ont pas été fixées.

Le cadre juridique étant posé, il sera plus facile aux opérateurs d'obtenir de la DGAC les autorisations nécessaires pour des missions plus ambitieuses.

"Vu le nombre d'utilisateurs potentiels qui continuent de nous approcher, il est clair que le jour où cette réglementation est en place ça va libérer le marché", estime Jean-Marc Masenelli, patron de SurveyCopter, leader européen sur les segments de minidrones, entre 10 et 30 kilos.

Cette entreprise, basée à Pierrelatte (Drôme), a été rachetée l'année dernière par le géant européen de l'aéronautique EADS. Ses clients étaient jusqu'à présent militaires, les autorisations à obtenir décourageant les clients civils, explique le directeur général.

Les industriels proposent leurs engins pour surveiller les zones inondées, pulvériser les insecticides agricoles, inspecter les lignes à haute tension ou de chemin de fer ou encore les repérages pour la construction d'autoroutes.

"Il y a beaucoup d'applications déjà identifiées, mais dès que la possibilité d'utiliser des drones sera clairement établie, cela créera des besoins auxquels on ne pense pas aujourd'hui", estime M. Masenelli.

La taille réelle du marché reste difficile à évaluer, remarque cependant M. Le Tallec. Il y a quelques années, "tout le monde voulait faire des choses avec les drones, mais personne n'avait imaginé le seuil à franchir pour entrer sur le marché, comme le coût de la formation des pilotes, ni la difficulté de créer une réglementation".

© 2012 AFP

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