Bill Clinton lors d'une conférence à Taïwan le 14 novembre 2010
Bill Clinton lors d'une conférence à Taïwan le 14 novembre 2010 - AP / SIPA

Bertrand de Volontat

Nicolas Sarkozy quittera ses fonctions présidentielles le 15 mai prochain et a annoncé se retirer de la politique française afin de redevenir un citoyen comme les autres. «Mon engagement sera désormais différent. Je m'apprête à redevenir un Français parmi les Français», a-t-il déclaré dimanche dernier. Sa reconversion devrait suivre, outre une place au Conseil constitutionnel, la voie de ses premiers amours et la fonction d’avocat, dans un cabinet dans lequel il possède encore des parts au titre d’associé. Ce plan de carrière n’est pas une innovation et des hommes d’Etat avant lui ont cherché cette cassure avec le secteur public.

Hors de la politique, cumuler des activités n’est plus un problème

Les anciens présidents ne restent pas longtemps inactifs sauf ceux qui le souhaitent, comme George W. Bush par exemple – qui anime toutefois dorénavant des conférences dans le cadre d’une fondation commune avec Bill Clinton. Ils se voient généralement offrir des ponts d’or afin d’animer des conférences, d’intervenir ça et là en politique internationale, ou pour occuper une fonction stable dans la voie privée.            

Jimmy Carter. Le meilleur ex-président des Etats-Unis selon le magazine Time Magazine, a fondé la Fondation Carter pour gérer des situations de crises internationales. Auteur de nombreux ouvrages, il fait en outre partie des Global Elders, à l’initiative de Nelson Mandela, qui se veulent garants de la paix et des droits de l’Homme dans le monde.

Mikhaïl Gorbatchev. Il prête son image pour des campagnes de publicité de la chaîne de restaurants Pizza Hut et du bagagiste Louis Vuitton. Il reverse ses cachets à sa fondation.

Bill Clinton. Son autobiographie intitulée Ma vie devenue un best-seller, il devient conférencier, rétribué plusieurs dizaines de milliers d'euros par intervention. Il dirige également une fondation à son nom, pour la lutte contre le Sida. Il a aussi été nommé ambassadeur de l'ONU pour l'aide humanitaire aux pays touchés par des raz-de-marée, après le tsunami de décembre 2004 en Asie.

Gerhard Schröder. Nommé à la tête du consortium en charge de la construction du gazoduc Nord Stream, il utilise son volumineux carnet d'adresses pour ses activités de lobby et donne également des conférences qui lui rapportent jusqu'à 50.000 euros.

José Maria Aznar. Il cumule les fonctions de conseiller auprès de multinationales, d’administrateur au sein de NewsCorp, mais également de professeur-associé à l’université américaine de Georgetown, à Washington D.C. Enfin, à l’image de ses confrères il donne de nombreuses conférences de géopolitique.

Tony Blair. Il donne des conférences, notamment dans les universités américaines, a créé deux fondations, travaille comme conseiller de la banque JP Morgan Chase. Il a aussi déjà accepté de jouer les médiateurs au Proche-Orient.