Valérie Pécresse à la sortie du dernier conseil des ministres du gouvernement Fillon le 9 mai 2012.
Valérie Pécresse à la sortie du dernier conseil des ministres du gouvernement Fillon le 9 mai 2012. - V. WARTNER / 20 MINUTES

POLITIQUE Les avantages dont bénéficient certains anciens ministres sont parfois très opaques...

La quille approche pour les 33 membres du gouvernement. Jeudi, François Fillon remettra la démission de son équipe au président de la République qui cédera à son tour son fauteuil à François Hollande le 15 mai.

Si Nicolas Sarkozy, en sa qualité d’ancien chef de l’Etat, va bénéficier d’indemnités et avantages qui avoisinent 1,5 million d’euros par an, la République n’a pas oublié de prendre soin des ministres sur le départ. Contrairement au président sortant qui va toucher une pension de 6.000 euros bruts par mois, ils vont pouvoir percevoir, en l’absence de retraite, leur salaire jusqu’à six mois après leur départ. Seule condition: ne pas avoir retrouvé un travail. Aujourd’hui, le traitement mensuel du premier ministre approche les 22.000 euros par mois, 14.000 euros pour un ministre et 13.000 euros pour un secrétaire d’Etat.

Tradition

Par tradition, les anciens locataires de Matignon bénéficient à vie d’une voiture, d’une secrétaire et d’un chauffeur-garde du corps. Des avantages dont jouiraient aussi les anciens ministres d’Etat, comme Alain Juppé, qui dans l’ordre protocolaire du gouvernement se retrouvent juste après le Premier ministre

Pour les autres ministres, en théorie, les avantages (garde du corps, chauffeur, logement de fonction, train gratuit en première classe et quota de billets d’avion), sont supprimés. Dans la pratique, selon une enquête menée par Rue 89, tous les anciens ministres de l’Intérieur, de la Justice, de la Défense et des Affaires étrangères bénéficieraient d’un chauffeur et d’une protection. Mais «pour «raisons de sécurité», le gouvernement refuse de dire qui», selon l’article.

«Des situations qui sont monarchiques» 

Une situation que déplorait alors le député de l’Aisne, apparenté PS, René Dosière. Selon cet élu, qui lutte pour la transparence de la gestion publique, «en raison d’une tolérance», seuls les ex-Premiers ministres et ministres de l’Intérieur ont droit à un chauffeur et à une protection à vie. Mais pour lui, les autres ex-ministres n’ont pas à rouler aux frais du contribuable. «Il y a comme ça des situations qui sont monarchiques», enrage le député.

En février 2010, la Cour des comptes tempêtait  contre l’usage détourné des voitures banalisées de police  par des personnalités politiques. «La Cour n’a eu connaissance d’aucun texte régissant ces mises à disposition qui sont demandées oralement par le cabinet du ministre», soulignait alors l’institution. Quant au garde du corps, il coûte, selon elle, en moyenne 71.879 euros par policier et par an.

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