20e anniversaire de Disneyland Paris: Les salariés ne sont pas à la fête

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Publié le 12 avril 2012.

SOCIAL - Alors que le parc d'attractions célèbre jeudi les vingt ans, le conflit s'enlise autour des négociations salariales...

«Vingt ans que nos métiers nous donnent envie de siffler en travaillant». Le slogan de la campagne de pub placardée dans la presse en ce jour anniversaire est bien trouvé… mais il a fait rire jaune les représentants du personnel d’Eurodisney, maison-mère du parc, moins d’un mois après le mouvement de grève qui a mobilisé plusieurs dizaines de salariés des 30 et 31 mars dernier.

Le point de blocage: la hausse générale de 1,5% des salaires proposée par la direction dans le cadre du plan salaire 2011-2012. Une offre inacceptable selon les syndicats qui dénoncent un «plan de rigueur interne» à l’œuvre au sein du groupe

«Que ce 20e anniversaire soit aussi une fête pour les salariés»

«On parle de 150 salariés le premier jour de grève et d’une quarantaine le second contre 14.500 salariés au total sur le site» minimise-t-on au sein de la direction de Disneyland Paris. 

«Sur les trois dernières années, on a accordé 11% de hausse, toutes mesures confondues et 500 créations d’emplois nets par an. Nous sommes une des seules entreprises à avoir un tel bilan ce qui ne veut pas dire que l’on  va s’arrêter là», lance un porte-parole, cachant mal son agacement que ces sujets viennent gâcher la fête.

Avec cette campagne de communication «Disneyland Paris veut que ce 20e anniversaire soit une fête pour ses visiteurs mais aussi pour ses salariés et qu’il permette à ce titre de revenir sur des chiffres moins connus» explique-t-il. 

Parmi eux: une «diversité naturellement intégrée» avec 100 nationalités représentées et 20 langues parlées, mais aussi 86% de salariés en CDI, «un attachement à l’entreprise» qui se traduit par une ancienneté de plus de sept ans et «un ascenseur social qui existe et qui fonctionne» puisque 80% des encadrants sont issus de l’interne».

«On est en alerte rouge depuis deux ans»

Des chiffres que ne contestent pas les syndicats mais qui ne doivent pas occulter selon eux un malaise social grandissant: «Ce 20e anniversaire est une nouvelle occasion de faire des gains de productivité avec des hausses de l’amplitude horaire et de la fréquentation qui ne sont pas suivies de hausse de salaires et des effectifs dans les mêmes proportions» explique David Charpentier, porte-parole de FO Eurodisney.

Les délégués syndicaux dénoncent en chœur des contraintes et une flexibilité horaire grandissantes, des petits salaires qui ne permettent pas de se loger, des problèmes de transport et de logement. Avec à la clé un taux d’accidentologie au sein de l’entreprise supérieur à celui du secteur du BTP!

«Je travaille à Disneyland depuis 19 ans, j’ai vu beaucoup de directions différentes mais le discours est toujours le même. Aujourd’hui la coupe est pleine: comme souvent dans un couple au bout de 20 ans de mariage, ces dernières semaines, il y a eu divorce», lance Daniel Rovedo, délégué syndical  CFDT.

«Nous sommes heureux que le groupe se développe et on ne veut pas gâcher la fête, mais on est en alerte rouge depuis deux ans et on sait bien qu’à Disneyland, on n’obtient des primes que par le combat juridique, ou par la grève», conclut le porte-parole de FO. Un nouveau rendez-vous est pris avec la direction le 26 avril prochain.

 

Claire Planchard
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