Bourses en berne 
Bourses en berne  - Petros Giannakouris/AP/SIPA

FINANCE Les Bourses européennes, tout comme Wall Street, ont terminé en forte baisse ce mardi, après le long week-end de Pâques. Comment expliquer cette rechute sur ces dernières séances, après plusieurs semaines de rebond…

Une déroute ce mardi. Paris -3,08 %, Francfort -2,49 %, Londres -2,24 %, Eurostoxx 50 — 2,97 %, Dow Jones -1,64 % Nasdaq -1,82 %. Les bourses européennes et américaines chutent fortement. 20Minutes explique les raisons de ce dévissage.

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Cette rechute est-elle une surprise?

Non car après un solide premier trimestre, les bourses européennes accusent un net repli depuis le début du mois. En une semaine, Paris a perdu 6 %, Madrid 7 % et Milan 9,5 %.
«Il y a eu un excès d’euphorie au premier trimestre, qu’on est en train de payer cher aujourd’hui. On a notamment trop attendu des opérations de la Banque centrale européenne», commente Gilles Moec, chef économiste à la Deutsche Bank. Pour Christian Parisot, chez le courtier Aurel BGC, «le marché réalise que le salut ne peut plus venir des actions des banques centrales. Il se focalise donc de nouveau sur la croissance».
Or, de ce point de vue, les mauvaises nouvelles sont légion: La zone euro devrait retomber en récession dès le premier trimestre, et celle-ci devrait être particulièrement sévère dans les pays d’Europe du sud.

L’Espagne est-elle devenue l’ennemi numéro un?

Après la Grèce, l’Italie, au tour de l’Espagne d’affoler les places européennes. Les tensions liées à la crise de la dette ont été ravivées ces derniers jours par les inquiétudes suscitées par les finances publiques espagnoles, après la révision à la hausse des prévisions de déficit du gouvernement de Mariano Rajoy. Le rendement de la dette à 10 ans de l’Espagne frôlait 6 % ce mardi. «C’est un cercle vicieux. Plus les taux vont augmenter, plus il sera difficile de faire baisser le déficit», rappelle Renaud Murail, gérant chez Barclays Bourse.
Même si l’endettement de l’Espagne n’a rien à voir avec la Grèce, «le marché craint une crise des ‘subprimes’à l’européenne car les banques du pays sont très exposées au secteur de l’immobilier en plein marasme», relève Alexandre Baradez, analyste chez Saxo Banque. Madrid s’est doté d’un programme de rigueur sans précédent, mais «les investisseurs s’interrogent sur sa faisabilité vu le taux de chômage record», ajoute-t-il.

L’Espagne, seule source d’inquiétude?

Longtemps perçus comme un remède à même de combler les faiblesses de l’économie européenne, ils montrent aussi des signes d’essoufflement. Les dernières statistiques chinoises font état d’un fléchissement de la consommation intérieure et confirment le ralentissement entamé depuis plusieurs mois. Le commerce extérieur de la Chine est lui repassé dans le vert en mars mais la croissance des échanges a fortement ralenti, selon des chiffres publiés mardi. «On a l’impression qu’il manque le carburant qui pourrait faire rebondir l’économie», résume Frédéric Rozier, gérant chez Meeschaert Gestion Privée.

Cette rechute peut–elle durer?

Alexandre Le Drogoff, gérant et spécialiste de l’analyse technique chez Talence Gestion, s’attend à un rebond rapide vers la prochaine zone de résistance des 3.300 points en France (à la mi-journée de ce mercredi, la Bourse de Paris avance de 1,16 % à 3.254,63 points), un mouvement qui pourrait rapidement céder la place à une rechute. 
«Nous surveillons en particulier la situation économique et la dette de l’Espagne. Le marché espagnol a déjà été très affecté par l’inquiétude des investisseurs sur la gestion de sa dette», souligne le gérant. L’indice Ibex de la Bourse de Madrid est retombé de plus de 16 % au cours des deux derniers mois.
Dans ce contexte morose, «les marchés ne cèdent pas encore à la panique, comme à l’été dernier car certains remèdes ont été mis en place», notamment un pare-feu financier européen de 800 milliards d’euros, «mais on voit mal comment les investisseurs pourraient retrouver durablement leur optimisme», juge Moec.

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