Le nombre de transactions de logements anciens en France a battu, avec un total de 858.200, un record absolu en 2011, ont annoncé jeudi les notaires de France.
Le nombre de transactions de logements anciens en France a battu, avec un total de 858.200, un record absolu en 2011, ont annoncé jeudi les notaires de France. - Philippe Huguen afp.com

Claire Planchard avec agence

Un coup d'arrêt après une année record: c'est le scénario présenté jeudi par les notaires de France.

Transactions en baisse de 15 à 20%

Selon eux, le nombre de transactions de logements anciens en France devrait enregistrer une chute comprise entre 15% et 20% en 2012, après avoir enregistré un record absolu l'an passé avec un total de 858.200 transactions (soit une hausse de 9% par rapport à 2010).

Ce record historique depuis 2006 tient en effet moins à la conjoncture plutôt défavorable qu'à l'effet d'aubaine créé par la réforme de la fiscalité sur les plus-values immobilières.

Ainsi, alors que paradoxalement la France connaissait une crise économique et que les prix continuaient de s'envoler, de nombreux propriétaires ont voulu vendre en 2011, en prévision de l'alourdissement de la fiscalité des plus-values immobilières, début février 2012, sur les résidences secondaires et les logements mis en location.

Logiquement, l'année 2012 devrait donc marquer un coup d'arrêt. Me Pierre Bazaille, président du marché immobilier des notaires, anticipe entre 700.000 et 740.000 transactions dans l'ancien, soit une chute de 15% à 20%.

Crédit immobilier en chute libre

Surtout que le crédit immobilier, aussi bien dans l'ancien que dans le neuf, vit un début d'année apocalyptique en France avec des montants en chute libre.

Selon les chiffres publiés mardi par la Banque de France, le montant des crédits à l'habitat accordés en février a été le plus faible depuis 32 mois, affichant une baisse de 41% par rapport à janvier et de 49% par rapport à février 2011.

Un effondrement qui serait moins lié à la réticence des établissements bancaires à prêter qu'à la frilosité des acheteurs selon la plupart des professionnels du secteur. Et ce malgré le léger recul des taux qui semble se confirmer.

Vers une baisse des prix?

Parallèlement, les prix des appartements anciens ont progressé de 6,5% en France en 2011 par rapport à 2010 mais ont légèrement baissé sur les trois derniers mois de l'année.

Le recul des transactions permettra-t-il d'accentuer cette amorce de baisse des prix des logements? Sans doute, mais «il ne faut pas imaginer un écroulement des prix car des facteurs forts soutiennent la demande de logement au-delà de la conjoncture», soulignait le 22 mars dernier, le PDG du réseau Meilleuragent.com, Sébastien de Lafond. Et de tabler «sur une baisse des prix de 5 à 15% globalement en France» mais sur «une stabilité à Paris».