Contrairement à leurs voisins européens, les salariés français sont davantage préoccupés par le maintien de leur pouvoir d'achat que par la montée du chômage.
Contrairement à leurs voisins européens, les salariés français sont davantage préoccupés par le maintien de leur pouvoir d'achat que par la montée du chômage. - SEVGI/SIPA

Claire Planchard

Démotivés, frustrés… mais malgré tout heureux: les salariés français sont toujours minés par des aspirations. C’est le principal enseignement de la  6ème vague du Baromètre Ipsos Edenred sur le «Bien-être au travail et la motivation des salariés français» publiée mardi. 

Cette étude menée auprès de 4.000 salariés français et 1.500 salariés de cinq pays européens (Allemagne, Belgique, Grande-Bretagne, Italie, Espagne) met une nouvelle fois au grand jour les effets pour le moins contradictoires d’un «modèle social français» plus propice à la montée des revendications salariales.

Premier paradoxe: «Si les Français s’affichent "comme les recordmen de la démotivation", avec 40% des salariés qui affirment que leur motivation baisse, 86% se disent en parallèle "heureux dans leur travail"  et "fiers de leur travail"» . Pour l’institut Ipsos, ce cocktail surprenant est le résultat de la force de la  «charge affective associée au travail» en France, mais aussi des carences du management et du dialogue social dans les entreprises françaises.

Stress et manque de reconnaissance

Autre spécificité: alors que la montée du chômage est l’inquiétude dominante pour leurs voisins européens, les salariés français semblent se sentir mieux protégés et focalisent leurs attentes sur le pouvoir d’achat en plaçant le salaire en tête de leurs préoccupations (52%), devant le temps consacré au travail (18%) ou le maintien de l’emploi (29%), souligne Ipsos. Le salaire, un sujet supplémentaire de frustration, puisque 68% des salariés interrogés se déclarent «insatisfaits» de leur rémunération.

Ce baromètre révèle aussi les effets pervers d’une «concentration du travail sur les plus qualifiés». Encore plus que leurs homologues européens, les cadres français évoquent en effet une montée du niveau de stress, année après année. Ils sont même 51% à penser «consacrer trop de temps à leur travail» (+14) alors qu‘en parallèle, seuls 59% se disent satisfaits de la reconnaissance (43% parmi ceux du secteur public), souligne Ipsos.

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