SFR prend des mesures d'urgence après l'arrivée de Free Mobile

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Publié le 29 mars 2012.

TELEPHONIE - Une vaste réorganisation est attendue pour cet été...

Décidément, l'arrivée de Free Mobile fait très mal aux opérateurs en place.  En dépit de la baisse des tarifs d'une partie de ses offres, SFR a fait dernièrement état de 200.000 pertes d'abonnés sur les deux premiers mois de l'année, soit 1% de l'ensemble de son parc. En conséquence,  il a engagé la mise en oeuvre d'une série de mesures d'urgences pour réduire ses coûts en prélude à la mise au point d'un plan de réorganisation plus vaste attendu d'ici l'été, selon un document interne obtenu jeudi par Reuters.

«Serrer les boulons»

Le détail de ces mesures dites «conservatoires» a été présenté aux représentants du personnel mercredi lors d'un comité d'entreprise présidé par Jean-Bernard Lévy, dirigeant de la maison mère Vivendi et nouveau PDG de l'opérateur télécoms, selon des sources syndicales. «SFR souhaite se donner du temps afin d'analyser posément les conséquences de ce bouleversement du marché», peut-on lire dans le document d'une trentaine de pages présenté lors du comité d'entreprise.

Début mars, Jean-Bernard Lévy, le patron de Vivendi, qui vient de reprendre la tête de sa filiale SFR après avoir débarqué son PDG, Frack Esser,  a annoncé son intention de «serrer les boulons» en revoyant l'organisation, les offres et les coûts de l'opérateur mobile, mais sans fournir de calendrier précis. Dans l'attente de l'élaboration du plan stratégique, l'opérateur mobile a engagé une première série de mesures visant à réduire ses coûts.

Gels des recrutements

Selon le document obtenu par Reuters, SFR prévoit notamment le gel ou l'arrêt de certains projets, des gels de recrutements en contrat à durée indéterminée, des non-renouvellement de contrats à durée déterminée ainsi que des arrêts de contrats d'intérim ou de prestataires. L'ensemble de ces mesures représenteraient entre 150 et 200 emplois, selon les estimations des sources syndicales. «Ce n'est que le début», a indiqué l'une des sources, selon laquelle la direction de l'opérateur prévoirait 1.500 suppressions d'emplois par le biais de non-renouvellements de CDD et d'arrêts de contrats d'intérim ou de prestataires dans les 18 à 24 prochains mois. Les syndicats redoutent que la réorganisation de l'opérateur affecte également des salariés en contrat indéterminée.
«Ils vont profiter de l'arrivée de Free pour remettre les choses à plat au sein de l'entreprise en termes de fonctionnement et d'organisation», a estimé la deuxième source syndicale. Le comité d'entreprise a fait appel à un expert afin d'évaluer l'impact des mesures conservatoires déjà prévues en termes de réductions de coûts.

Les difficultés de SFR, qui représente plus de 40% du résultat opérationnel de Vivendi, devraient peser sur sa maison mère qui prévoit deux années difficiles avant un retour à la croissance de ses résultats en 2014. Dans une note, les analystes de Credit Suisse estiment que le deuxième opérateur de téléphonie mobile en France n'a enregistré pour l'instant que les deux cinquièmes de la baisse probable de son ARPU (le revenu moyen par abonné), qui devrait reculer au total de 35% entre 2009 et 2015. L'intermédiaire a abaissé son objectif du cours de Vivendi à 17,90 euros, contre 20,70 précédemment. A 14h00, Vivendi cotait 13,76 euros (-0,4%). Contacté par Reuters, SFR n'a pas souhaité faire de commentaires.

Avec Reuters
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