Patrimoine et gastronomie sont les principaux atouts des régions françaises pour attirer des touristes étrangers.
Patrimoine et gastronomie sont les principaux atouts des régions françaises pour attirer des touristes étrangers. - SUPERSTOCK/SUPERSTOCK/SIPA

Claire Planchard

Qu’est-ce qui peut bien attirer un Russe à Moulins-sur-Alliers ou un Sud-Africain dans une chambre d’hôte en Auvergne? Pour le découvrir, il faut toute l’énergie des comités de tourisme régionaux et le réseau mondial d’Atout France, l’agence nationale de développement touristique. «Les Russes viennent à Moulins et à Vichy pour les eaux thermales et les hôtels haut de gamme. Quant à l’Afrique du Sud, les demandes sont venues sur place après la création de gîtes et de chambres d’hôtes par des Sud-Africains installés en France!», explique Emmanuelle Colin, directrice marketing du comité régional du tourisme de l’Auvergne. Deux marchés de niche emblématiques du vaste travail de défrichage nécessaire pour pousser les touristes étrangers à quitter Paris et les sentiers battus du tourisme hexagonal.

Des «repeaters» attirés par le patrimoine régional

«Sur les marchés lointains, pour leurs premières visites les touristes sont très branchés sur Paris car cela joue uniquement sur la notoriété. Des régions comme le Val-de-Loire, la Côte d’Azur et Nice ou le Sud ouest et Bordeaux s’en tirent aussi bien. En revanche, ceux qui reviennent, les «repeaters», cherchent plus facilement à aller en région, surtout dans les villes» explique Jean-Philippe Pérol, directeur Amériques d’Atout France.

Après le patrimoine culturel, c’est alors le vin et la gastronomie qui attirent le plus, selon lui, mais aussi «l’événementiel». Un trio gagnant bien identifié par la Région Languedoc-Roussillon, dont le terroir viticole, les festivals internationaux et les grands sites classés au patrimoine de l’Unesco (le canal du Midi ou le Pont du Gard) attirent de plus en plus d’Australiens, de Chinois et de Brésiliens ces dernières années.

Belles images et notoriété

Les images d’Epinal comptent également beaucoup pour séduire un public étranger qui n’a souvent qu’une très vague idée de la géographie française. «Dans notre documentation, on mise beaucoup sur les photos et la vidéo pour trouver des portes d’entrée» explique Christelle Velut, chargée de promotion commerciale du Comité régional de tourisme de Lorraine. La fête de la Saint Nicolas sur la place Stanislas de Nancy, le centenaire de la Première Guerre mondiale ou le Centre Pompidou à Metz sont ainsi mis à l’honneur pour contrebalancer une image «militaro-industrielle» peu vendeuse.

Reste ensuite à mettre au point un plan de communication globale efficace: «Ce type de salon nous permet de toucher des marchés lointains comme l’Australie, les Etats-unis, l’Inde ou les pays d’Asie. Au total 35 tour-opérateurs étrangers ont visité la région en amont du salon. Mais on ne peut pas se contenter de ces contacts professionnels, il faut aussi un plan de communication à destination du grand public et des médias étrangers», souligne Christelle Velut.

Un conquête digitale des marchés mondiaux

Pour cibler et organiser ces stratégies intégrées, les Régions peuvent compter sur le soutien des représentants d’Atout France à l’étranger qui passent au peigne fin les marchés locaux et leurs bases de données pour connaître les véritables attentes de chaque nationalité.

Récent exemple en date: «On a remarqué que les touristes américains étaient réticents à aller à cet été Londres à l’occasion des JO en raison des prix et de la foule et on a initié une campagne pour les attirer dans le Nord-Pas-de Calais en mettant notamment en avant l’ouverture de Louvre-Lens», explique Stéphane Ballot Chef de projet au sein du département  e-marketing d’Atout France à New York.

Une illustration concrète de la stratégie digitale d’ampleur déployée par l’agence française avec le lancement de son nouveau site rendezvousenfrance.com. La bataille du tourisme 2.0 est en marche.